Autorités intérimaires : qu’en pensent les habitants de Tombouctou ?

Les députés ont voté, le 31 mars dernier, la loi modifiant le Code des collectivités territoriales. Cette loi entre dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger.

Elle prévoit la mise en place des autorités intérimaires pour gérer les collectivités dont les organes dirigeants ne sont plus fonctionnels depuis le début de la crise sécuritaire au nord du Mali.

Selon le maire de Tombouctou, Ali Ousmane, « dans les différentes déclarations des ministres, il est dit que seulement les communes non fonctionnelles, c’est-à-dire les communes qui ne font pas des sessions, qui n’ont pas un compte administratif, sont concernées par cette loi. S’il s’agit de ça, je ne suis pas concerné parce que ma commune fonctionne ».

Il précise toutefois qu’il n’a reçu aucun document officiel lui signifiant s’il est concerné ou pas. « Quand j’ai été écouté devant la Commission de la décentralisation de l’Assemblée nationale, on n’avait pas ces informations. On nous avait dit que toutes les collectivités du nord sont concernées. Alors là, c’est grave (…). Tu mets quelqu’un qui n’est pas élu, il n’a pas l’obligation de résultat », a indiqué M. Ousmane.

L’installation des autorités intérimaires est un point de l’accord pour la paix et la réconciliation. Mais une telle mesure doit être prise de commun accord avec la société civile, les conseillers sortants et les autorités étatiques, selon Boubacar Mahamane membre de la société civile de Tombouctou.

La loi est votée, il reste la nomination des hommes et des femmes qui vont diriger ces collectivités. Les femmes de Tombouctou espèrent ne pas rester en marge.

« Chaque fois qu’on met en place une transition, on oublie les femmes. Cette fois-ci, il ne faut pas qu’elles soient négligées. Il faut que les femmes soient présentes dans les instances de décision, sinon elles ne peuvent rien faire pour les autres femmes », déclare Mme Aïchatou Cissé, directrice d’école.

La période intérimaire est prévue pour durer 18 mois, le temps que le gouvernement organise dans ce délai les élections communales et régionales.

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