Niger : Coupures intempestives de courant à Agadez, l’hôpital n’est pas épargné

Depuis plusieurs semaines, la commune d’Agadez est confrontée à des coupures intempestives de courant s’étalant dès fois sur des jours. Cette situation exaspère la population. « Nous ne comprenons pas ces coupures ! Agadez est ravitaillée par une centrale qui utilise le charbon d’Anou Araren et qui existe à gogo », lance Aboubacar Abdou, un commerçant au marché « Tôles » d’Agadez.

« Regardez tous ces sachets de lait, tous ces poissons et autres produits importés qui ne servent plus à rien. Ils vont tous à la poubelle », fait remarquer son voisin Hamissou Allahi.

La société civile fustige ces coupures récurrentes d’électricité. Selon Hamadédé M., responsable local de CROISADE, une association de défense des droits de l’homme, elles « ruinent le bien-être des populations et porte un coup dur à l’économie locale ».

L’hôpital régional subit de plein fouet ces délestages. Conséquence ! Tous les services de cet établissement sont dans le noir. « On soigne et on opère avec des torches à main », affirme Issouf Maha, un homme qui a assisté impuissant à l’opération de sa femme par des chirurgiens turcs dans la pénombre.

« Ma femme était déjà sur la table d’opération quand il y a eu la coupure. J’ai couru pour qu’on fasse démarrer le groupe électrogène mais hélas ce dernier est panne », poursuit-il. Et M. Maha de se demander « depuis quand la NIGELEC a-t-elle eu ce permis de tuer ? »

Contactée par Sahelien.com, l’administration de l’hôpital d’Agadez confirme les faits et jette la faute sur la Société nigérienne d’électricité (NIGELEC). Mais cette dernière se défend : « Nous avons besoin de 11 mégawatts pour servir la ville d’Agadez et les départements d’Arlit et Tchirozérine mais nous n’obtenons que 6 mégawatts de la centrale de la Société nigérienne de charbon (SONICHAR)», a répondu un responsable de la NIGELEC qui a requis l’anonymat.

En attendant les délestages continuent provoquant des courts-circuits et de nombreux dommages.

Ces coupures n’épargnent que deux secteurs à Agadez : la ligne de la compagnie militaire et celle du gouvernorat.

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