Forum de Dakar : s’unir pour vaincre le «terrorisme»

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Sous le thème « Défis sécuritaires actuels en Afrique : pour des solutions intégrées », ce forum réunira, du 13 au 14 novembre, experts en sécurité et universitaires, militaires, diplomates qui vont réfléchir aux « solutions intégrées » et globales à apporter aux défis sécuritaires auxquels le continent fait face. Présent à la cérémonie d’ouverture, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a appelé à ne pas avoir peur face au terrorisme.

Pendant deux jours, Dakar, la capitale sénégalaise, abritera la 4e édition du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique auquel, environ 700 personnes (experts, diplomates et militaires) prendront part. Ce rendez-vous important sur les questions de sécurité a été initié, en décembre 2013, par le sommet de l’Elysée. Le Sénégal organise l’événement avec l’appui technique de la Compagnie Européenne d’Intelligence Stratégique (CEIS).

« Dégradation des conditions sécuritaires »

A la cérémonie d’ouverture, hier, lundi 13 novembre, trois chef d’Etat étaient présents : le malien, Ibrahim Boubacar Keïta, président en exercice du G5 Sahel qui plus est, Paul Kagamé, futur président de l’Union africaine, et le président du Sénégal, Macky Sall. Le président en exercice de la CEDEAO, Faure Gnassingbé, qui affronte la tempête d’une contestation populaire au Togo, n’a pas fait le déplacement. Au Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD), certaines absences ne sont pourtant pas passées inaperçues. L’enjeu du Forum est de parvenir à une gestion en commun des défis sécuritaires. « Le terrorisme met en jeu notre destin partagé, d’où la nécessité pour tous les Etats africains de s’unir mais aussi de nouer des partenariats stratégiques entre les Nations unies et l’Union africaine pour combattre ce fléau », a déclaré Albert Pahimi, Premier ministre du Tchad.

Il reste tout de même que l’absence des autres chefs d’Etat des pays du G5 Sahel, de la Corne de l’Afrique et du bassin du lac Tchad, a amené beaucoup d’observateurs à juger l’utilité de cet événement discutable. D’autant que depuis la première édition, en 2014, les conditions sécuritaires sur le continent n’ont guère connu d’amélioration. Au contraire, elles vont en se dégradant.

« Nous n’aurons pas peur »

C’est en sa qualité du président du Mali et du président en exercice du G5 Sahel qu’Ibrahim Boubacar Keïta s’est rendu à Dakar. Alors que le G5 a lancé ses premières opérations dans les limites des trois pays du Liptako Gourma (Mali, Burkina, Niger), considérées comme le fuseau centre et l’épicentre de la crise au Sahel. Dans cette région s’entremêlent conflits entre les communautés, crime organisé et activités des groupes terroristes armés. Encore plus inquiétant, le Sahel fait face à une recomposition de la galaxie terroriste avec, notamment, la création du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans, dirigé par le Touareg Iyad Ag Ghaly, dans un contexte de compétition entre AQMI et le groupe Etat islamique. Ce dernier, aux abois en Libye, se rabat de plus en plus vers le Sahel où il compte des alliés que sont le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest, faction de Boko Haram dirigée par Abu Mossab al-Barnaoui et le groupe Etat islamique dans le Grand Sahara porté par Abou Walid Al-Sahraoui.

Au Mali, les militaires ainsi que des civils continuent de tomber au nord et au centre dans les attaques des groupes armés terroristes. A Dakar, le président IBK a mis l’accent sur la capacité de résistance du pays : « il ne faut pas céder à la peur. Nous n’aurons pas peur ».

Sahelien.com
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