G5 Sahel : IBK sur le front à Mopti

Les Chefs d'Etat du G5 Sahel et le président français à Bamako - Crédit photo: Présidence du Mali

Au cours de son déplacement ce samedi, Ibrahim Boubacar Keïta, Président en exercice du G5 Sahel, visitera le Poste de commandement (PC) de la force du G5 Sahel, basé dans le camp militaire de Sévaré, et dirigé par le général, Didier Dacko, « le nouvel homme fort du Sahel ».

Le Mali abrite la force régionale antiterroriste lancée début juillet lors d’un sommet extraordinaire ayant réuni, à Bamako, les chefs d’Etat du G5 Sahel et le président français, Emmanuel Macron, en qualité d’invité d’honneur. C’est la deuxième fois qu’IBK se rend dans la région de Mopti, depuis son élection en 2013. Il s’y était rendu en 2014, quelques mois après l’intervention française en appui aux forces maliennes ayant permis de stopper à Konna, à 56 Km de Sevaré, l’avancée des groupes terroristes qui occupaient le nord. Cette visite répond à un besoin de vérifier l’état d’avancement des travaux d’aménagement du site devant abriter la force conjointe, dont le déploiement est attendu pour combattre les terroristes qui écument la région, lutter contre le trafic transsaharien de drogue, d’armes et de migrants.

Lors du sommet extraordinaire de Bamako, IBK a précisé que cette force de 5 000 militaires, policiers et civils devrait coûter 423 millions d’euros. Début juin, lors de la réunion des ministres du G5 Sahel à Bamako, l’Union européenne avait décidé de soutenir la force à hauteur de 50 millions d’euros, soit 10% du budget selon certaines estimations. Elle sera d’abord déployée dans la région du Liptako Gourma (Mali, Niger, Burkina Faso, confrontée à l’émergence de groupes terroristes, notamment la Katiba Macina du prédicateur peul, Hamadoun Kouffa, qui sévit dans la région de Mopti.

Défier Kouffa

La région de Mopti, depuis plus de deux ans, est devenue un sanctuaire pour les terroristes, en plus des conflits intercommunautaires. Des voix émergent de plus en plus pour appeler le gouvernement à négocier avec Hamadoun Kouffa et Iyad Ag Ghaly, qui ont formé récemment une coalition jihadiste (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) sous la bannière d’AQMI dans la perspective d’une rivalité avec l’Etat islamique, dans le Sahel. Pour le président Keïta, il n’est pas question de négocier avec Iyad Ag Ghaly et Hamadoun Kouffa. « En se rendant à Mopti, IBK veut défier Kouffa », lance ce blogueur, vivant à Mopti.

Sahelien.com
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