Mali : A Kidal, un tournoi de foot, un tournant pour l’avenir

Huit mois après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) le 20 juin 2015, le calme revient dans la ville de Kidal, fief de la CMA.

Depuis un bon moment, les esprits se sont calmés et les manifestations se font de plus en plus rares. Les jeunes s’organisent désormais autour d’autres activités dont le sport.

Le bureau de l’Union des jeunes de l’Azawad a organisé un tournoi de football inter-quartier du 23 janvier au 14 février.

« La finale a opposé les jeunes de Etambar à ceux du quartier central », indique Rhissa Ag Algaher, chargé des affaires sportives de l’association. Ce tournoi est la plus grande activité sportive organisée dans la ville depuis le début de la crise sécuritaire en 2012.

Selon le président de l’UJA, Alher Ag Alhamiss, joint par Sahelien.com, le but de ce tournoi est de faire revivre les activités sportives dans la région, délaissées par la jeunesse.

Est-ce à dire que les jeunes de Kidal sont décidés à se tourner vers la paix et se consacrer à la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation ? « Nous, nous sommes une organisation issue d’un mouvement membre de la CMA qui est signataire de l’Accord d’Alger. Donc, obligatoirement, nous sommes concernés par le processus de la mise en œuvre de l’accord », répond Alher Ag Alhamiss .

D’autres tournois de basket et volleyball sont prévus, selon le chargé des sports.

En plus de ce retour au calme à l’interne, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et la Plateforme des mouvements d’autodéfense ont, elles aussi, enterré la hache de guerre.

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Dans la nuit du 1er au 2 février, le Groupe d’auto défense Imghads et Alliés (GATIA) membre de la Plateforme est rentré pacifiquement à Kidal, pour la première fois depuis le début de la crise.

Dans un communiqué conjoint, publié le 06 février, les deux parties « réaffirment leurs engagement à résoudre tous différends entre elles par la voix du dialogue », tout en restant « fermement attachées à l’application de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ».

Dans le même communiqué, il est indiqué que la CMA et la plateforme se partageront désormais la gestion de la ville de Kidal.

« Sept commissions de gestion seront mises en place, s’il doit avoir six membres dans une commission, trois seront de la Plateforme et trois autres de la CMA », explique un chargé de communication de la Plateforme.

L’espoir renaît au sein de la population de Kidal, même si elle est inquiétée par les attaques terroristes perpétrées contre la MINUSMA.

Le 12 février, une attaque à la roquette contre le camp de la MINUSMA à Kidal « a tué plus de cinq casques bleus », selon une déclaration du secrétaire général de l’ONU.

« Les gens ont peur des explosifs. Même dans la circulation, tu peux sauter sur une mine », se plaint un habitant de Kidal.

Dimanche, un véhicule, appartenant aux militaires français de l’opération barkhane, a sauté sur une mine à la sortie de Kidal sans faire de blessés selon l’état major français.

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