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Mali : après la santé, l’éducation paralysée

Grève de dix jours pour les écoles fondamentale et secondaire, une autre illimitée dans les universités publiques et dans les écoles du nord du Mali, le secteur de l’éducation entame une fin d’année qui n’est pas de nature à rassurer.

« Si le gouvernement ne fait rien, nous allons droit dans le mur ». Cette déclaration d’Abdou Mallé, secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP), résume la fin d’année compliquée dans les écoles et universités maliennes. Les négociations entre les différents syndicats et le gouvernement sont au point au mort.

« C’est le statu quo. Tout ce que nous demandons, c’est que le gouvernement respecte le PV de conciliation dans lequel il s’est engagé à accorder un statut accompagné d’une grille aux enseignants », explique Soumana Issiaka Maïga, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation de base (SYNEB). En grève de dix jours depuis le 10 avril, le syndicat déplore un manque de volonté du gouvernement.

Pourtant, tout allait pour le mieux jusqu’au lendemain du sommet Afrique-France où les autorités sont revenues sur les accords trouvés le 8 janvier avec les Syndicats signataires du PV de conciliation. « Quand on est arrivés aux travaux de la commission, le gouvernement a parlé d’un statut particulier amélioré. Il y a déjà un statut particulier pour les enseignants. Nous voulons un statut autonome », ajoute M. Maïga.

Au niveau de l’enseignement supérieur, les syndicalistes, en grève illimitée, évoquent le spectre d’une année blanche si le gouvernement ne change pas de fusil d’épaule. « Il n’y a pas eu encore de contact avec le nouveau gouvernement. Donc rien n’a changé pour le moment », explique M. Mallé.

Les points de divergences sont nombreux et le dialogue rompu. Sur les sept points de revendications, trois constituent de véritables blocages. Il s’agit notamment de l’application de la grille plafond 3000, le point relatif au nouveau « statut » appelé enseignant/chercheur et le recrutement des contractuels. « Ce dernier point est très décevant de la part du gouvernement. Le communiqué publié ne prend pas en compte les contractuels de l’enseignement supérieur. Il nous a menti », déplore-t-il.

Dans le nord du pays, la situation est beaucoup plus complexe. En plus des écoles fermées à cause de l’insécurité, le collectif des enseignants du nord a entamé une grève illimitée depuis le 15 février dernier. A deux mois des examens de fin d’année, aucun compromis n’a été trouvé avec le gouvernement. « Le mois dernier, nos délégués du collectif se sont rendus à Bamako pour discuter avec les autorités, mais on leur a dit d’attendre la nomination du nouveau gouvernement », affirme Birmahamane Tandina, secrétaire général du Collectif.

Cette cascade de grèves vient ainsi s’ajouter à celle de la santé qui paralyse le service sanitaire du pays depuis le 9 mars. Désormais, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), la plus grande centrale syndicale du pays, menace de prendre le relais en y incluant des revendications datant de 2014.

 

Aboubacar Dicko  Boubacar Sangaré

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