Mali : ce que l’on sait de l’attaque de Boulikessi

Le dimanche 5 mars, vers 4 heures du matin, un poste militaire malien a subi une attaque violente à Boulikessi, dans le centre du Mali. Cette localité malienne fait frontière avec les provinces burkinabé de l’Oudalan et du Soum qui subissent des attaques depuis bientôt deux ans.

Selon le ministère malien de la Défense, l’attaque a fait 11 morts et cinq blessés. D’autres sources indépendantes annoncent un bilan beaucoup plus meurtrier. Des motos, du matériel militaire auraient été emportés par les assaillants qui ne seraient autre que, si l’on en croit un responsable sécuritaire régional, Ansarul Islam.

Ce groupe terroriste est dirigé par un homme connu des responsables sécuritaires maliens et burkinabé: Ibrahim Dicko dit « Malam ». Ce prédicateur radical de Djibo, dans le nord du Burkina Faso, est devenu une source d’inquiétude depuis l’attaque du 16 décembre 2016 à Nassoumbou, près de la frontière malienne. Cette attaque avait coûté la vie à 12 militaires.

Joint par sahelien.com, le porte-parole du ministère de la Défense et des anciens Combattants, Colonel Abdoulaye Sidibé, explique qu’un détachement des Forces armées maliennes a été déployé dans la zone « pour porter secours aux blessés, rassurer les populations et ratisser les environs en coordination avec les forces partenaires [Burkinabé, ndlr] ». « Nous bénéficions d’un appui aérien des forces Barkhane et de la MINUSMA [mission de l’ONU au Mali], notamment en ce qui concerne l’évacuation des blessés », ajoute-t-il.

L’attaque de Boulikessi intervient quelques jours après une rencontre des Peuls du Mali, du Burkina, et du Niger, les 24 et 25 février à Dori dans le nord du Burkina, pour mettre en place un réseau d’échanges d’informations afin de lutter contre la montée du radicalisme religieux, notamment dans le centre du Mali.

Le Mali, pour un grand nombre d’observateurs, est considéré comme le ventre mou dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Après le nord où l’intervention militaire a mis en déroute les groupes djihadistes, la région de Mopti est devenue un nouveau foyer d’instabilité politique : revendication religieuse, autodéfense communautaire, promotion des intérêts des Peuls pasteurs, banditisme par opportunisme [1]…

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[1] Djihad, révolte et autodéfense au centre du Mali, Yvan Guichaoura (maître de conférences sur les conflits internationaux, University of Kent) et Dougoukolo Alpha Oumar Ba-Konaré (chargé de cours, chercheur et président de l’observatoire peul Kisal), The Conversation, 12 octobre 2016

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