Mali : indifférence des autorités un mois après le rapt d’un fonctionnaire dans le Centre

Image d'illustration

Agent de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), Amadou Ndjoum a été capturé depuis le 26 avril dernier près de Youwarou, dans la région de Mopti par des hommes armés. Un mois après, il reste encore entre les mains de ses ravisseurs.

Amadou Ndjoum

« Nous avons un sentiment d’inquiétude. Ses enfants sont là, ils le réclament. Sa femme a même failli se rendre dans la zone où il a été enlevé. Ses sœurs passent leur journée à pleurer. » La famille inquiète, les autorités indifférentes. La vie dans la famille d’Amadou Ndjoum n’est plus la même depuis son enlèvement le 26 avril dernier à Waldo, près de Youwarou par des hommes armés.

À cette date, il a quitté Sevaré où il vit et travaille depuis plusieurs années pour se rendre en mission dans le centre du Mali. Près de Youwarou, après plusieurs kilomètres de route, il croise le chemin d’hommes armés soupçonnés d’être affiliés à Amadou Kouffa, représentant du chef terroriste Iyad AG Ghaly dans le centre du Mali. Pour ses proches, c’est une certitude : « il a été identifié plusieurs jours avant d’être enlevé. « Une thèse que croient aussi plusieurs sources locales selon lesquelles, il serait en possession d’une forte somme d’argent qui devrait servir à payer des agents de l’INPS dans la zone au moment de son enlèvement. « Les assaillants l’ont attendu. Ils ont fouillé un premier véhicule où il ne se trouvait pas. Ils ont ensuite arrêté et fouillé un deuxième où il a été le seul à être kidnappé », racontent plusieurs sources dont son neveu Hammadoun Bah.

Depuis, aucune nouvelle de cet homme décrit comme « calme », « gentil » et « dévoué à son travail. » Dans une vidéo tournée le 7 mai et publiée sur les réseaux sociaux la semaine dernière, il apparaît genoux à terre. Trois de ses ravisseurs, armés et enturbannés, se tiennent gaillardement derrière lui. Vêtu d’une chemise, d’un pantalon et d’une casquette bleus, il décline son identité et parle de ses conditions de détention : « chers parents, chers collègues, je suis vraiment en vie. Depuis qu’ils m’ont capturé jusqu’à aujourd’hui, je suis vraiment en vie. » Et d’ajouter : « j’ai été bien traité. Je mange bien, je me couche bien. Je suis en bonne santé. Tout ce que je veux, c’est d’être libre. Je vous demande de tout faire pour me libérer. » Sous les ordres de ses ravisseurs, il reprend ces mots à trois reprises et dans trois langues différentes (peulh, bambara et français).

Dans la vidéo, les assaillants ne demandent pas clairement de rançon, mais au niveau local une chaîne de solidarité serait en train d’être mise en place. L’objectif est de rassembler une certaine somme pour tenter d’obtenir sa libération « au regard de l’attitude des autorités. » Car aucune enquête ou recherche n’a été officiellement lancée, selon nos informations.

Même si une source sécuritaire contactée par Sahelien.com tient à rassurer: « s’il y a enlèvement, il y a forcément une enquête qui est ouverte. Si nous avions des éléments, nous les aurons rendus publics. »

Aboubacar Dicko

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