Mali – Kidal : victimes de la crise, des femmes se tournent vers des activités génératrices de revenus

A Kidal, dans le nord du Mali, la crise politico-sécuritaire a fait de nombreux réfugiés et déplacés notamment chez les femmes et les enfants.  Celles qui sont restées sur place essaient de subvenir à leurs besoins en se lançant dans le maraîchage et la couture.

C’est le cas d’Ele Walet Kanamnane, maraîchère à Kidal.  « Après la guerre, on était que trois dans le quartier. Les autres ont fui. (…)  Après les travaux domestiques, je viens au jardin pour les travaux de maraichage. Avec les événements, tout le monde est parti. Il ne reste que les femmes qui s’occupent du jardin pour pouvoir subvenir à leurs besoins »,  indique-t-elle.

Ele Walet Kanamnane déplore cependant le problème d’eau et la cherté de la vie : « il n’y a pas d’argent, il n’y a rien. Les légumes coûtent chers. Le pot de riz est à 500 FCFA ».

Les affrontements dans la région ont fait de nombreux morts, laissant beaucoup de veuves et d’orphelins. Pour se reconstruire, des femmes se sont regroupées pour créer une association dans le but d’apprendre un métier et initier des activités génératrices de revenus.

« Ce qui a motivé la création de l’association, c’est que beaucoup de femmes perdent leur mari dans les combats. Elles souffrent et n’ont pas de travail pour aider leurs enfants. C’est ce qui m’a poussé à créer l’association afin d’aider les femmes à pouvoir se prendre en charge. On leur apprend à coudre. Après la formation, elles pourront vendre les habits qu’elles vont confectionner », explique Nina Walet Hamma, présidente de l’association des orphelins à Kidal.

Les femmes rencontrées espèrent le retour de la stabilité et la cohésion sociale entre les populations qui souffrent de cette crise. « On essaie de faire de notre mieux malgré les conditions dans lesquelles on se trouve. On espère qu’avec la bénédiction d’Allah que la situation va changer. Et qu’il n’y ait plus de combats et que la paix revienne », ajoute Lala Ambery, membre de l’association.

Certains projets de réinsertion socio-économique sont soutenus par  la mission onusienne au Mali. L’initiative vise à aider les personnes vulnérables ou touchées par la crise.

Souleymane Ag Anara Augustin K. Fodou

PARTAGER