Mali : la grève des agents de la santé perdure, les usagers inquiets

Au Mali, une grève illimitée paralyse depuis bientôt un mois, les centres de santé et hôpitaux publics. Au Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré de Bamako, tout manque et ce sont les patients qui en souffrent le plus.

« Ça fait un mois qu’on est ici. Juste après les résultats des analyses la grève a commencé. Depuis on est en train d’attendre du sang sans succès», indique Kadidia Traoré, mère d’un petit garçon malade.

Pour certains parents de malades, c’est surtout le silence des autorités maliennes qui est incompréhensible. « Mais pourquoi aucun ministre ne sort pour parler avec les médecins ? Pourquoi le président ne dit rien ? C’est parce qu’ils amènent leurs parents malades se faire soigner à l’étranger ou dans les cliniques. On passe les journées à compter les morts ici. Nos enfants meurent chaque jour sous nos yeux impuissants », déplore Kadiatou Koumaré, parente de malade.

Pour tirer la sonnette d’alarme, le mouvement « Trop c’est trop » organise depuis le 27 mars, un sit-in quotidien de trois heures à la Bourse du travail. « Nous sommes là pour demander à l’Etat de prendre toutes les dispositions nécessaires pour négocier avec les grévistes afin qu’ils retournent dans les hôpitaux parce que les gens souffrent », explique Malick Konaté, membre dudit mouvement.

La situation n’a toujours pas changé malgré les différentes rencontres entre les autorités traditionnelles, religieuses ou politiques et les grévistes. Hier lundi, une délégation des deux syndicats auxquels sont affiliés les grévistes, a rencontré le chef du gouvernement.

Mais selon le porte-parole du comité syndical du CHU Gabriel Touré, Djimé Kanté, aucune proposition concrète n’a été faite. « Le Premier ministre n’a vraiment rien dit de nouveau, il a juste répété ce que tout le monde ne cesse de nous dire qui est de suspendre la grève. En contrepartie, il n’a rien proposé, c’est ce qui fait que la grève se poursuit », a-t-il déclaré.

Les points de revendication concernent entre autres l’augmentation des primes de fonction, des primes de garde. Selon M. Kanté, le syndicat a fait beaucoup de concession après avoir entendu les appels notamment des religieux, des communicateurs traditionnels, de l’opposition politique et de la majorité présidentielle.

« Nous ne sommes pas des maximalistes, nous ne demandons pas d’avoir tout, tout de suite. Nous demandions par exemple 10.000 francs CFA comme prime de garde et aujourd’hui nous demandons la moitié du fait que beaucoup de gens ont intervenu. Nous pensons que du côté du gouvernement, ils vont faire un pas important pour qu’ensemble, on puisse trouver une solution pour le bonheur du Mali », ajoute-t-il.

D’autres rencontres entre les syndicats et les autorités sont attendues dans les jours à venir pour tenter de trouver une issue à cette crise.

Sory Kondo Abdoul Malick Almaïmoune Aissata Ahamadou

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