Mali : la loi sur l’enrichissement illicite gêne

Au Mali, les fonctionnaires ont jusqu’à fin août pour déclarer leurs biens à l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite mis sur pied il y a quelques mois. Mais la mesure est déjà contestée dans le milieu des travailleurs.

La mesure est qualifiée de « gnengo » (égoïste en langue nationale bambara), selon plusieurs titres de la presse malienne citant des sources anonymes, qui vise à « empêcher les fonctionnaires de vivre à l’aise. »

La fronde vient notamment du Syndicat national des travailleurs de l’administration de l’État (SYNTADE) dirigé par Yacouba Katilé. Selon nos informations, des membres du Syntade estiment que la mesure est « injuste car ne concernant pas les gros poissons qui nagent dans le fleuve de la corruption. »

Yacouba Katilé, secrétaire général du syndicat, confirme partiellement les faits. Joint au téléphone par Sahelien.com, il évoque d’abord des « rumeurs ». Puis ajoute : « effectivement, il y a une hésitation qui ne va pas, mais ce n’est pas parce qu’on rejette » la mesure. Pas plus de précision, mais selon M. Katilé, un travail est actuellement en cours sur le sujet au niveau du syndicat et « tout le monde » entendra leur point de vue au moment opportun. Selon nos informations, le syndicat a déjà eu deux réunions le dimanche 16 juillet et hier lundi autour de la question.

Au Mali, l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite intime aux quelques 55 000 fonctionnaires civils et militaires de l’État et aux milliers autres travailleurs des collectivités de déclarer leurs biens avant fin août. Sous peine de révocation et d’interdiction d’exercer pendant cinq ans.

Des déclarations de biens qui vont aussi être accompagnées d’autres enquêtes pour comparer le gain de chaque travailleur à son patrimoine. « Et le moindre écart doit être justifié par l’intéressé », estime une source au sein de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite.

Aboubacar Dicko
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