Mali : Manifestation à Gao, l’armée tire à balles réelles (vidéo)

Mise à jour 15h21min

Le bilan provisoire de la manifestation de ce mardi 12 juillet contre la mise en place des autorités intérimaires à Gao, fait état de 3 morts et 35 blessés par balles, selon une source hospitalière contactée par Sahelien.com

Malgré l’interdiction de la manifestation la veille par les autorités régionales, des habitants de Gao sont sortis ce matin, à l’appel de la Coordination des mouvements de résistance de la société civile et du Collectif international de la diaspora des régions nord du Mali associés à certaines communautés autochtones sédentaires.

«Nous ne sommes pas d’accord avec les autorités intérimaires. Ceux qui ont volé le pays ne peuvent pas revenir imposer leur loi sur nous », a lancé Moussa B. Yoro, superviseur des Jeunes patrouilleurs.

La police appuyée par l’armée a fait usage de balles réelles et de gaz lacrymogène, selon des manifestants joint par Sahelien.com.

Cette marche ne fait pas l’unanimité au sein de la société civile. Le porte-parole de la Commission des mouvements de résistance civile de Gao, Sidi Oumar Cissé, a fustigé le comportement de la diaspora. Selon lui, elle était absente au moment où les habitants de Gao se battaient seuls.

Mi-juin dernier, les parties signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation s’étaient entendues, sur les modalités pratiques de la mise en place des autorités intérimaires, du redéploiement des services techniques de l’Etat et du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC).

Selon le calendrier, l’installation de ces autorités et le redéploiement de l’administration d’Etat sont prévus du 15 juillet au 25 août 2016.

C’est le 31 mars dernier que les députés ont voté la loi modifiant le Code des collectivités territoriales à travers la désignation des autorités intérimaires pour gérer les collectivités territoriales du nord du Mali.

Le décret fixant les modalités de mise en place des autorités intérimaires dans les collectivités territoriales, a été signé le 18 mai 2016.

Cette loi entre dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, qui prévoit ces autorités dites intérimaires, pour gérer les collectivités dont les organes dirigeants ne sont plus fonctionnels depuis le début de la crise sécuritaire.

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