Mali – révision constitutionnelle : le pouvoir et la plateforme du « NON » à couteaux tirés

Au Mali, le projet de révision constitutionnelle continue de diviser le pouvoir et la plateforme « Touche pas à ma constitution » farouchement opposée à la tenue d’un référendum. Le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta assuré le maintien de la réforme, le camp du « NON » ne veut pas en entendre parler. 

 Au sein de la Plateforme, le discours n’a pas changé : le retrait pur et simple du projet de réforme. Ses membres, dont l’opposition et une grande partie de la société civile, l’ont encore fait savoir cette semaine dans une lettre ouverte adressée au président de la République. Un ultimatum est même donné à Ibrahim Boubacar Keïta jusqu’au 15 août. Dans le cas contraire, la Plateforme promet d’user de tous les moyens légaux pour obtenir gain de cause. Des sources précisent notamment le recours à la désobéissance civile.

Dans la missive, les partisans du « NON » expriment leur indignation face au silence de Koulouba « malgré les différentes manifestations » à Bamako et dans certaines régions.

Juste avant, le président IBK a assuré dans un entretien à la télévision nationale que « nul ne peut dire qu’il s’oppose à ce que le peuple malien » jouisse de son droit de vote. « Dire qu’il n’y aura pas de révision constitutionnelle n’est pas républicain »,  a ajouté le président de la République rappelant que la Cour constitutionnelle a estimé, dans un arrêt, que le projet de révision est « constitutionnellement recevable. »

En attendant de possibles concertations sur la question dans les prochains jours, le fossé reste encore grand entre les deux camps. Pour la Plateforme, réviser la constitution en ce moment serait une violation grave de celle de 1992, notamment en son article 118 qui dispose qu’aucune révision ne peut être entamée si l’intégrité du territoire national est menacée. Pourtant, estiment ses responsables, quasiment toute la zone du centre échappe au contrôle de l’État, tout comme Kidal.

Aboubacar Dicko
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