Mali : un sit-in pour réclamer l’adoption d’une loi contre les violences basées sur le genre

©Sahelien.com

Un sit-in pour réclamer « l’adoption d’une loi » contre les violences basées sur le genre a été dispersé, ce vendredi 12 janvier, par les forces de l’ordre devant l’Assemblée nationale.

Au Mali, des associations de la société civile se sont mobilisées après la mort, fin décembre 2017, de Fanta Sekou Fofana, standardiste à la présidence de la République, assassinée par son conjoint.

Après un rassemblement, début janvier, à la Pyramide du souvenir, le collectif des Amazones a appelé à un sit-in devant le parlement pour réclamer des mesures en faveur de la protection des femmes.

« Il y a un projet de loi qui protège les femmes, qui tarde à être voté et on pense qu’il faut un changement de politique même si cette loi, elle n’est pas préventive, il la faut pour d’autres hommes qui voudront tuer leurs femmes », affirme Kadiatou Fofana, membre du collectif.

« Stop aux violences conjugales », « Les Amazones disent non », « Que justice soit faite pour Mariam Diallo, Kamissa Sissoko, Fanta Sékou Fofana et d’autres victimes qui sont tombées dans le plus grand silence sous les coups de leurs maris », sont entre autres messages qu’on pouvait lire sur les banderoles et pancartes.

La manifestation sera finalement dispersée par les forces de l’ordre obligeant les manifestants à se diriger vers la Maison de la presse. Mais elles ont  également été « empêchées d’accéder à la salle de conférence ».

Selon Kadiatou Fofana, une demande a été envoyée au gouverneur du district de Bamako pour la sécurisation du sit-in et à leur « grande surprise, les forces de l’ordre ont commencé par lancer des gaz lacrymogènes sur des gens. Il faut que l’opinion internationale sache que le citoyen malien est empêché de jouir de ses droits », a-t-elle ajouté.

D’après ONU Femmes-Afrique, en 2015, « le Mali a enregistré 1468 cas déclarés. Des violences physiques, au déni de ressources, jusqu’aux violences psychologiques, les femmes maliennes font face à plus de 20 types de violences régulières ».

Marie Dembélé, Stagiaire

PARTAGER