Mali : une inquiétante escalade des attaques terroristes

Un véhicule de l’armée malienne a sauté sur une mine à Soumpi - Photo Primature

Le lundi 6 novembre, trois attaques terroristes sont survenues au nord et au centre, où une délégation gouvernementale, avec à la tête le Premier ministre, séjourne depuis vendredi pour une visite de terrain. Une escalade des attaques qui intervient à quelques encablures des élections régionales et locales.

Le Premier ministre malien, Abdoulaye Idrissa, qui a entamé une visite de terrain, le 3 novembre, pour rencontrer les populations ainsi que les autorités administratives dans le centre et le nord, est finalement arrivé hier, mardi 7 novembre, à Soumpi à bord d’un hélicoptère de l’armée malienne. Le lundi 6 novembre, la délégation gouvernementale était attendue dans cette localité située, à 35 Km du cercle de Niafunké, dans la région de Tombouctou. Mais un véhicule de l’armée malienne a sauté sur une mine, faisant trois blessés, qui ont été admis au centre de santé de Niafunké. D’autres mines qui auraient été découverts ont été neutralisées par les forces maliennes. A Bamako, la capitale, on n’a pas hésité à parler d’un « sabotage » de la visite du Premier ministre.  Ces derniers jours, Soumpi a été la cible d’une attaque terroriste. Comme celle survenue le 14 octobre dernier, perpétrée par des hommes armés qui, selon un habitant, sont arrivés à bord d’un 4X4.

L’incident de Soumpi n’était pas isolé. Car ce même lundi, à l’est de Konna, à environ 13 km de la ville garnison de Sevaré, « une mission du groupement d’intervention de la Garde nationale du Mali » est tombée dans une embuscade. Elle escortait, selon le ministère de la Défense, des camions contenant du matériel au profit du contingent allemand de la Minusma basé à Gao. Les assaillants ont été à moto, comme c’est le cas lors des attaques dans le Centre du Mali, qui a progressivement basculé dans la violence alors que les attentions étaient dédiées au Nord.  Deux gardes ont été légèrement blessés, un apprenti tué et deux camions calcinés par des roquettes, selon le ministère.

Une troisième attaque a été annoncée, vers 7 heures du matin, ce même lundi. A Ansongo (région de Gao), dans le village de Lelléhoye, un camion transportant des forains a aussi sauté sur une mine. Quatre forains ont trouvé la mort, les blessés ont été admis au centre de santé d’Ansongo.

Cette escalade des attaques intervient à un mois des élections régionales et locales, prévues pour le 17 décembre 2017. Ces scrutins seront couplés aux communales partielles qui n’ont pu se tenir, en novembre 2017, dans 59 communes (au centre et au nord) à cause de l’insécurité.

Pourtant, « le contexte est très volatil et tout reste possible. Dans ces conditions-là, il est difficile d’envisager des élections au Nord, cela est incontestable », met en garde cette habitante de Tombouctou. Elle pointe l’insécurité sévissant dans les villages, les campements au point que « les partenaires au développement ont arrêté leurs activités, et les agents de l’Etat sont partis. »

« Au 11 septembre, dans les régions septentrionales et dans la région de Mopti, seuls 30 % des agents de l’État étaient à leur poste, contre 38 % au mois de janvier », indique le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans son rapport sur le Mali, à la fin septembre. Les inquiétudes concernant la situation sécuritaire sont balayées d’un revers du côté du gouvernement malien, où l’on garantit que les forces de sécurité seront mobilisées pour assurer la tenue des scrutins.

Sidi Ahmed S. 
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