Niger: Le problème accru d’eau dans ces villages de Zinder

A Kangna Mallam, village situé à 9 kilomètres de la ville de Zinder, trouver de l’eau potable relève du parcours du combattant.

Il faut au minimum, deux heures d’effort physique à la fontaine pour remplir ses bidons. « C’est depuis 14h je suis en train de pomper et c’est à 16h que je suis parvenue à remplir ma barrique », témoigne une habitante.

Le village ne dispose que de deux pompes à motricité humaine pour les six mille habitants. Il faut donc faire la queue devant ces points d’eau, dès le premier chant du coq, pour espérer avoir de quoi couvrir les besoins journaliers. Cela est souvent une source de conflit entre les femmes.

« C’est depuis la prière de l’aube qu’elles sont venues pomper, elles disent qu’elles n’ont pas encore pris de l’eau. La troisième dit qu’elle était là depuis hier nuit et n’en a pas pris non plus. Je leur ai dit de se calmer », explique Sakina, une autre habitante.

La pénurie d’eau à Kangna Mallam à l’instar de beaucoup de villages au Niger, ne date pas d’aujourd’hui. Des promesses ont été faites par tous les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays, mais jusque-là rien n’est fait.

« Pour les autorités d’ici, je vous dis, depuis l’époque du président Diori Hamani, (1er président, ndlr) on a travaillé 5 ans avec lui, mais notre village est resté tel qu’il était. On a souffert à l’époque et maintenant aussi que la démocratie est là, les envoyés des autorités n’ont jusqu’à présent pas notifié nos problèmes », déplore El Hadj Adamou Mahamane, chef du village.

Pour sa consommation journalière, le chef affirme dépenser 750 francs CFA pour 10 bidons. Malgré l’effort physique que les villageois fournissent, l’eau est payante à Kangna Mallam. En plus ce sont les habitants qui cotisent pour réparer les pompes en cas de panne.

Selon le directeur régional de l’hydraulique, il faut 15 litres d’eau par personne pour la consommation journalière.

La ville de Zinder est également confrontée à la pénurie d’eau, mais depuis fin janvier dernier, des nouvelles installations de production d’eau potable ont été inaugurées par le Chef de l’Etat. Ces installations du projet Ganaram ont une capacité de pompage de 11.000 mètres cubes /j.

Les autorités estiment que cette production, en s’ajoutant à celle de 11.000 mètres cubes par jour, obtenue à partir des champs de captage de Gogo Machaya et Aroungouza, permettra de satisfaire à l’horizon 2025, les besoins des populations estimés à 20.000 mètres cubes/j.

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