Niger : à la découverte du Tendé, un instrument fédérateur des peuples nomades

Musique ancestrale et fédératrice des peuples nomades, le Tendé est joué pour se divertir mais sert aussi à renforcer la cohésion entre les populations lors des retrouvailles, mariages ou baptêmes.

La fabrication de cet instrument traditionnel se fait avec des objets utilisés dans le ménage. « Le Tendé, comme son nom l’indique en Tamasheq, c’est un objet utilitaire, un mortier traditionnel fabriqué par des artisans pour faire face au besoin de moudre le grain. C’est cet objet-là dont on recouvre l’orifice avec une peau tannée. Ensuite, on met de chaque côté, de gros bâtons sur lesquels on s’assoit après l’avoir bien attaché et relié », explique Jules Augué, ancien ministre du Niger.

La musique permet aux chameliers de démontrer leur maitrise du dromadaire à travers des parades autour des femmes qui chantent. « Quand les chameaux tournent autour du Tendé ou quand ils vont et viennent, il y a un rythme que les chameaux respectent. C’est le même rythme que celui du tendé, alors là, ce n’est plus les hommes qui dansent mais c’est les chameaux. On fait danser les chameaux entraînés pour la circonstance », ajoute M. Augué.

Au-délà du son, le Tendé a une signification profonde pour les nomades. Pour Abou, homme de culture, cet instrument ancestral est comme « un excitant pour les Touaregs ». Selon lui, le Tendé « revêt une importance particulière, il fait appel à l’intégrité, à la réserve qu’on et amène la personne, en tout cas, les Touaregs à éviter un comportement négatif ».

Aujourd’hui, la préservation et la valorisation de ce patrimoine culturel commun aux communautés touarègues et arabes de l’espace sahélo-saharien, sont les défis que comptent relever l’Association pour le développement local intégré (ADLI) au Niger.

Sahelien.com

 

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