Niger : Un second tour controversé

L’annonce du retrait de la Coalition pour l’alternance en 2016 (COPA) du processus électoral, le mardi dernier, a suscité des réactions au sein du parti au pouvoir et de la société civile.

« Avec ou sans eux, on va aux élections le 20 mars prochain », a martelé Hassoumi Massaoudou, secrétaire général du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), face à la presse, hier mercredi 9 mars.

« Jamais le peuple nigérien n’a exprimé son engouement d’aller aux élections plus qu’en 2016. Le taux de participation au premier tour dépasse les 66%. L’opposition se retire parce qu’elle ne peut pas gagner. C’est désolant, cela ne nous surprend pas. La quasi-totalité des principaux candidats significatifs se sont ralliés à M. Issoufou et c’est ça qui explique ce comportement de la COPA », a-t-il indiqué.

Selon Hassoumi Massaoudou, l’actuel Chef de l’Etat avait eu à faire face à la même situation en 2004 où, tous les leaders du premier tour ont rallié Tandja Mamadou, l’ex-président de la République. « Mais sachant bien que nous allons perdre d’avance, nous avons assumé la situation parce que nous respectons les valeurs démocratiques. Aujourd’hui ceux-là ne sont pas des démocrates, c’est pourquoi ils jouent cette attitude de mauvais perdant ».

Contacté par Sahelien.com, le politologue Souley Agi estime qu’une élection qui n’est pas fondée sur le respect des textes conduit à une crise. « Je pense que l’opposition se base sur la loi avant de prendre sa décision. Il est fort probable que Hama Amadou se désiste », a-t-il expliqué.

Pour Nouhou Arzika, acteur de la société civile, c’est une crise qui s’installe. Selon lui, les partis défendent leurs intérêts et non ceux du peuple nigérien, « sinon tout ceci n’allait pas se passer ».

Depuis l’ouverture de la campagne électorale mardi dernier, l’ambiance n’est plus la même qu’au premier tour. Seul le PNDS est en campagne. Le chef de l’Etat sortant et candidat à sa propre succession a débuté son meeting à Zinder en présence des militants de son parti et des candidats qui l’ont rallié au second tour.

La COPA 2016, regroupement qui soutient le candidat en détention, Hama Amadou, a pour sa part, dénoncé des « irrégularités constatées dans le processus électoral » et a demandé à ses représentants de se « retirer de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et de tous ses démembrements ».

L’institution a procédé, hier mercredi, au tirage au sort de la position des candidats sur le bulletin unique du second tour de la présidentielle.

Initialement prévue le 08 mars, cette opération s’est finalement déroulée en l’absence du représentant du candidat Hama Amadou du MODEN-FA LUMANA.

La première position sur le bulletin unique a été attribuée au candidat Hama Amadou et la seconde position au candidat Mahamadou Issoufou. Selon la CENI, les deux partis recevront bientôt les spécimens du bulletin unique pour le besoin de leur campagne électorale.

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