Rapport 2017 de Reporters sans frontières : le Mali 116e derrière le Niger et le Burkina

Le mercredi 26 avril, Reporters sans frontières a rendu public son « Classement mondial de la liberté de la presse 2017 ». “Médias Bashing“, conflits d’intérêt, lois liberticides, ce sont là les grandes lignes du rapport tirant la sonnette d’alarme sur la liberté de la presse qui continue de subir des entorses à travers le monde, surtout dans les pays brandis comme des modèles.

« Les démocraties qui ont fait de la liberté de la presse un de leurs fondements doivent rester un modèle pour le reste du monde et non l’inverse. A force de rogner sur la liberté fondamentale d’informer au prétexte de protéger leurs citoyens, les démocraties risquent d’y perdre leur âme », déplore Reporters sans frontières.  Dans le classement sur 180 pays,  six ans après avoir occupé la première place, la Finlande a été détrônée par la Norvège à cause de pressions politiques et de conflits d’intérêt, indique Reporters sans frontières.

Et la Corée du Nord, sans surprise, arrive à la 180e place du classement derrière l’Erythrée (179e) qui gagne ainsi une place pour la première fois depuis 2007. En Corée du Nord, explique Reporters sans frontières, « le simple fait d’écouter une radio basée à l’étranger peut d’ailleurs valoir un séjour en camp de concentration ». Devant le « trio infernal » (Turkménistan, Erythrée, Corée du Nord), arrive la Syrie, à la 177e place (depuis 2014). Dans ce pays, depuis 2011, le régime de Bachar El-Assad réprime la contestation populaire, et a entraîné le pays dans une guerre civile et confessionnelle qui met en danger la liberté d’information et ses acteurs.

Dans les pays qui, chaque année, publient des rapports sur les droits de l’homme où ils distribuent les bonnes et les mauvaises notes au monde entier, la liberté de l’information est mise à mal notamment à travers l’obsession de la surveillance et le non-respect du secret des sources. Comme c’est le cas aux Etats-Unis (43e place) où l’arrivée au pouvoir de Donald J. Trump a mis en branle le « médias bashing », le dénigrement à l’encontre des médias, et fait basculer le monde dans « l’ère de la post-vérité, de la désinformation et des fausses nouvelles.».

Le même constat vaut pour le Royaume-Uni qui arrive à la 40e place (-2 points). En France (39e place), le problème qui se pose est celui de l’indépendance des journalistes, à cause du risque de conflits d’intérêts, avec des propriétaires de médias qui pèsent sur les contenus éditoriaux.

Le Mali arrive à la 116e place

En Afrique, où il est devenu une coutume de couper Internet lors des élections et des mouvements sociaux, la situation n’en demeure pas moins inquiétante. Même si le classement indique que le score de l’Afrique a évolué de 10,4%. Sur le continent, après le départ de l’autocrate Yaya Jammeh, la Gambie gagne 2 points et remonte dans le classement à la 143e  place : une réforme des législations concernant la presse y est en vue.

Dans le classement, le Mali (122e en 2016) arrive à la 116e place. Alors que dans le pays, l’enquête sur l’assassinat en 2013 de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Kidal, reste au point mort. A cela, viennent s’ajouter les pressions que subissent les médias. Il est devancé par le Niger (61e place) et le Burkina Faso (42e).

Boubacar Sangaré

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