Tombouctou : les cultivateurs ne se sentent pas en sécurité dans leurs champs

Ils sont souvent braqués et dépossédés de leurs biens, de même que les forains. Les forces de sécurité sont absentes dans les zones touchées.

Les bandits armés qui opèrent sont de la région, selon plusieurs personnes interrogées. « Souvent le champ est loin, et quand on part à moto, les bandits te braquent et retirent l’engin. Le pillage même continue dans les champs », indique le cultivateur Ousmane Dicko.

La plupart des plaines rizicoles sont touchées. Il s’agit de Koriomé, Hamadia et Daye. « A moins de 8 km de Tombouctou, on ne peut pas circuler à moto, les femmes ne peuvent pas se déplacer ou aller librement aux foires, ni sur les périmètres irrigués. C’est très grave !», déplore Hahiya Konta, maire de la commune d’Alafia.

Selon Mahamane Gobi, président du périmètre de Hamadia, « les braqueurs s’attaquent aux innocents, aux pauvres exploitants qui sont là. Il faut qu’une solution soit trouvée ».

Face à cette situation et en l’absence des forces de sécurité dans les zones touchées par l’insécurité, le maire estime les leaders communautaires doivent sensibiliser les populations surtout jeunes. « Nous n’avons d’autres moyens que de sensibiliser ou saisir les autorités compétentes. Mais quelle que soit l’information donnée, on n’a jamais vu sur le terrain, les forces de sécurité pour aller sécuriser les populations, les exploitants qui partent sur les périmètres irrigués ou dissuader ces bandits qui attaquent », souligne-t-il.

Outre l’insécurité, les producteurs font face à d’autres difficultés comme le manque de canalisation et de réhabilitation des exploitations.

Sidi Yahiya Wangara, Sory Kondo

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