Deux Nigériens viennent de perdre provisoirement leur nationalité par décret présidentiel. Le général Abdourahamane Tiani a signé le texte mercredi 1er avril 2026, visant Takoubakoye Aminata Boureima, ancienne ministre de la Communication et ex-directrice générale de l’Institut national de la statistique, et Djibo Yaya, activiste sur les réseaux sociaux.
Les deux, vivant en exil, sont connues pour leurs prises de position critiques envers le régime militaire sur les réseaux sociaux et leur soutien au président déchu, toujours détenu sans jugement.
Selon le communiqué officiel, elles sont soupçonnées de « mener des activités susceptibles de perturber la paix et la sécurité publiques », de diffusion de contenus « de nature à troubler l’ordre public », de « diffamation, d’injures par voie électronique » et d’« apologie du terrorisme ».
La mesure s’appuie sur une ordonnance d’août 2024, modifiée en octobre de la même année. Ce texte permet à l’État d’inscrire sur un fichier spécial toute personne jugée menaçante pour les intérêts stratégiques du Niger, entraînant une déchéance provisoire de nationalité. La déchéance devient définitive en cas de condamnation à une peine égale ou supérieure à cinq ans.
Depuis octobre 2024, le régime y a eu recours à plusieurs reprises contre des dizaines de proches de Bazoum : anciens ministres, conseillers, militaires etc. À ce jour, au moins vingt (20) personnes ont été provisoirement déchues de la nationalité nigérienne.


