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« La passivité est partie » : Après des manifestations meurtrières, un calme précaire au Sénégal

Par Elimane Ndao

Le Sénégal a traversé début mars une série de manifestations populaires suite contre le gouvernement du Président Macky Sall. Deux semaines plus tard, le calme est revenu, mais beaucoup de sénégalais attendent des actes concrets du gouvernement sur les plans démocratiques, sociaux et économiques. 

La situation économique difficile, aggravée par les impacts du Covid-19, a poussé des milliers de jeunes à crier leur ras-le-bol. Un jeune manifestant a décrit la situation économique désastreuse à laquelle il est confronté. « Depuis 2012 au Sénégal, les jeunes sont fatigués. On se réveille le matin sans 1000 F en poche. Macky Sall n’a respecté aucune de ses promesses. »

Moustapha Ndour, un jeune entrepreneur, estime que c’est le manque d’accompagnements de l’Etat qui a poussé la plupart des manifestants à battre le pavé.

« Nous évoluons dans un environnement qui est un peu difficile. Quand on lance un projet, on rencontre des difficultés liées au financement, liées aussi aux procédures d’acquisition de capital. La plupart des fonds qui sont alloués, plusieurs jeunes ou bien une frange importante de la population ne se sent pas concernée. D’où la frustration de plusieurs jeunes actuellement » a-t-il dit.

Le Président de la République dans une adresse à la nation le 08 mars a promis de soutenir les jeunes dans la création d’emplois, le financement de projet et dans l’entreprenariat. Les appels à l’apaisement des chefs religieux qui ont suivi cette annonce ont contribué au retour au calme après des manifestations qui ont fait au moins 10 morts.

Mais pour Jaly Badiane, blogueuse et actrice de la société civile, ce calme semble précaire à trois ans de la prochaine présidentielle en 2024.

« D’ici 2024, la tension sera là. Elle sera ambiante. Pour moi la machine est déjà en marche. Les dernières manifestations et tout ce qui s’est passé à Dakar a montré que le ras-le-bol est général et il persiste. Les gens ne vont plus laisser la chose se faire comme ça se faisait. La passivité pour moi, elle est partie. D’ici 2024, on va vivre des années de tensions, des années de manifestations, des années de tensions politiques, où la bataille sera très ardue pour les grandes agglomérations qui ont connues ces mouvements » a-t-elle dit.

Le M2D, mouvement de défense de la démocratie qui regroupe des associations de la société civile et des partis politiques comme le Pastef d’Ousmane Sonko a suspendu provisoirement ses manifestations. Il réclame entre autres la libération des individus arrêtés lors des troubles.