Le Niger a annoncé vendredi 27 mars son intention de créer des unités d’autodéfense locales, appelées « Domol Leydi » (« protecteurs de la patrie », en langue fulfuldé), composées de volontaires armés et encadrés par l’État. Cette décision a été officialisée par le Conseil des ministres à travers l’adoption d’un projet d’ordonnance, selon un communiqué officiel.
Les membres de ces formations, recrutés parmi d’anciens agents des forces de sécurité et les habitants des localités concernées, auront pour missions la sensibilisation, la collecte de renseignements et la protection de leurs communautés, selon le communiqué. L’État fournira l’armement et l’équipement, et fixera les avantages sociaux et pécuniaires par voie réglementaire.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mobilisation générale décrétée en décembre 2025, qui prévoit la réquisition de personnes et de ressources pour la défense nationale et impose à tout citoyen de répondre aux ordres de mobilisation.
Un précédent similaire au Burkina Faso
Ce type d’organisation n’est pas inédit dans la région. Au Burkina Faso, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), créés en 2020 et renforcés après le coup d’État de 2022, mobilisent des populations locales pour soutenir les forces régulières dans les zones à risque.
Le projet nigérien rappelle également certaines initiatives de mobilisation citoyenne déjà existantes, comme celles menées par l’Union des Nigériens pour la Vigilance et le Patriotisme (UNVP). La principale différence réside dans le cadre légal : les « Domol Leydi » seraient intégrés officiellement au dispositif de mobilisation nationale, tandis que l’UNVP reste une association civile, menant des actions de sensibilisation et de sécurisation en coordination avec les autorités, sans relever directement de l’État.
Cette annonce intervient après le départ des forces françaises et américaines, effectif depuis 2024, dans un contexte où le Niger cherche à combler les vides sécuritaires par ses propres moyens et en coopération avec ses partenaires régionaux de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le pays continue de faire face à des menaces terroristes dans plusieurs régions, avec des attaques récurrentes des groupes État islamique au Sahel, JNIM et Boko Haram, malgré la multiplication des opérations militaires.


