Le Niger proteste après le vote du Parlement européen pour la libération de Bazoum

Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a convoqué jeudi 12 mars la chargée d’affaires par intérim de la délégation européenne, Nicoletta Avella, pour lui remettre une lettre officielle de protestation.

En cause : une résolution adoptée le même jour par le Parlement européen, réclamant la libération immédiate de l’ancien président Mohamed Bazoum, renversé et détenu depuis le coup d’État de juillet 2023.

Le texte a été voté à la quasi-unanimité : 524 voix pour, 2 contre et 29 abstentions. Il dénonce l’absence d’accès de Bazoum et de son épouse à un avocat et à des visites familiales, et appelle la communauté internationale à redoubler d’efforts diplomatiques. Le mandat présidentiel de Bazoum expire officiellement le 2 avril prochain.

Le Niger rejette fermement la résolution, la qualifiant d’« ingérence » dans ses affaires intérieures et dénonçant une posture « paternaliste et condescendante » de l’Union Européenne.

Les relations entre les deux parties se sont fortement dégradées depuis juillet 2023. Bruxelles avait suspendu sa coopération avec Niamey, refusant de reconnaître les nouvelles autorités. Le Niger a depuis mis fin aux missions civile et militaire de l’UE sur son sol et annulé ses accords de migration avec l’Union européenne. En novembre 2024, Niamey avait également exigé le remplacement de l’ambassadeur européen, accusé de mauvaise gestion d’un fonds humanitaire.