Dix jours après les attaques du 25 avril, des axes routiers menant à Bamako demeurent perturbés et sous la menace de groupes armés terroristes, selon des sources locales.

À Naréna, sur la route nationale (RN) 5 reliant Bamako à Conakry, la circulation reste difficile, malgré quelques mouvements de véhicules en direction de la capitale.
« Depuis hier vers 8 heures, jusqu’à ce mardi matin, la circulation est compliquée », indique un habitant contacté par Sahelien aux environs de 9 heures. Il ajoute avoir observé, « par moments, des pick-up quittant Kourémalé vers Bamako ».
« Après l’intervention de l’armée malienne, ils ont changé de lieu »
Une situation préoccupante pour les riverains. Un habitant ayant requis l’anonymat décrit des journées initialement marquées par une forte tension : « Les deux premiers jours étaient terrifiants car des hommes armés se trouvaient à environ deux kilomètres de Naréna. Après l’intervention de l’armée malienne, ils ont changé de lieu ».
Selon d’autres témoignages, la situation est tendue en ce qui concerne les modes d’action des groupes armés. « Nous en sommes à une semaine. Hier, ils ont brûlé des motos. Plus personne ne peut circuler, ni les piétons ni les ambulances ne peuvent aller vers Bamako », rapporte une autre source locale.
« Des détours »
Pour les acteurs économiques, les déplacements deviennent incertains. « Pour aller à Kourémalé, nous sommes obligées de faire des détours… Le risque est très élevé. », confie une commerçante.
Dans le même temps, la route nationale 24, notamment l’axe Bamako-Kita est sous tension à partir de la forêt du Baoulé. Cette situation a provoqué l’immobilisation de plusieurs dizaines de véhicules de transport en commun et des poids lourds à Kassaro et Soribougou depuis près d’une semaine. « Kassaro ressemble à une gare routière de Bamako. Des véhicules sont stationnés partout, de l’entrée jusqu’à la sortie de la ville », décrit une habitante.
En attendant de rejoindre la capitale, certains transporteurs se sont installés temporairement dans des établissements scolaires comme c’est le cas dans une médersa à Kassaro. « Depuis quelques jours, des transporteurs se sont installés dans notre établissement. C’est ici qu’ils mangent et passent même la nuit », affirme une enseignante.
Face à ces perturbations, certaines compagnies de transport opérant sur ces axes ont provisoirement suspendu leurs activités, leurs véhicules étant immobilisés du côté de Kita.


