Malgré la crue exceptionnelle enregistrée au lac Faguibine ces deux dernières années, qui a favorisé la reprise du maraîchage, la campagne agricole en cours fait face à de nombreuses difficultés. Faible germination des semences, attaques de ravageurs et insuffisance d’appui technique suscitent de vives inquiétudes chez les producteurs engagés dans la culture de contre-saison.
Au nord du Mali, autour du lac Faguibine, l’espoir d’une véritable relance agricole renaît progressivement après plusieurs décennies d’assèchement, marquées par l’abandon des terres et le départ d’une partie des populations. Le retour des eaux, à la faveur de crues exceptionnelles, a permis d’inonder de vastes superficies redevenues propices à l’agriculture.
Dans des localités riveraines comme Bintagoungou, Issabery et M’Bouna, les activités maraîchères ont repris avec des résultats globalement encourageants. Sur le terrain, la mobilisation des producteurs est visible, soutenue par l’accompagnement de certains partenaires techniques.
Pour évaluer la campagne agricole 2025-2026, une mission conjointe des services de l’Agriculture et de l’Office pour la mise en valeur du système Faguibine (OMVF) a effectué une visite de terrain. Cette mission visait à faire le point sur la campagne maraîchère et à échanger avec les producteurs sur le démarrage de la contre-saison.
Selon le maire de la commune rurale de Bintagoungou, Hama Abacrine, le maraîchage a connu un succès notable cette année : « Le lac a fait son plein et toutes les terres sont aujourd’hui inondées », a-t-il souligné.
Cependant, cet optimisme est tempéré par les difficultés rencontrées dans la campagne de contre-saison, dominée par les cultures de maïs, de sorgho et de riz. Depuis fin janvier, plusieurs producteurs font état d’une faible germination des semences dans les champs aménagés dans le lit du lac, sans que les causes soient clairement identifiées. Certains évoquent la présence de rongeurs ou d’autres prédateurs.
Ces contraintes pourraient avoir des répercussions importantes sur les populations locales, la contre-saison constituant une étape clé du calendrier agricole dans la zone.
Malgré ces obstacles, les services techniques saluent l’engagement des producteurs. « Nous avons trouvé des maraîchers très déterminés à dynamiser la production agricole », indique Amadou Almoudou, chef du secteur de l’Agriculture de Goundam. Il reconnaît toutefois que les attaques de ravageurs constituent un défi majeur, ayant déjà entraîné l’arrêt de plusieurs activités.
Face à cette situation, autorités locales et producteurs appellent à un renforcement de l’appui au secteur agricole, notamment à travers la fourniture de semences adaptées, de produits phytosanitaires et un accompagnement technique accru.
Après des décennies d’assèchement, la remise en eau du lac Faguibine représente une opportunité historique de relance agricole. Mais pour les producteurs, la réussite de cette dynamique dépendra de la capacité à surmonter les difficultés qui affectent le démarrage de la campagne de contre-saison.


