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Mohamed Elmaouloud Ramadane : “Si l’accord est caduc, les alternatives sont multiples”

Dans une interview téléphonique accordée à Sahelien.com, le porte-parole du Cadre stratégique permanent, Mohamed Elmaouloud Ramadan, revient sur la rencontre tenue le 1er février dernier à Kidal, entre les groupes armés signataires de l’accord de paix et la médiation internationale. Il évoque aussi la fusion des trois groupes armés de la Coordination des mouvements de l’Azawad.

Sahelien.com : Quel était l’objectif de la rencontre tenue le 1er février 2023 à Kidal entre la mediation internationale et les groupes armés signataires de l’accord de paix ?

Mohamed Elmaouloud Ramadan : C’est sur l’initiative de l’équipe de médiation. Elle s’est rendue à Kidal pour rencontrer et écouter les mouvements. Vous savez qu’il y a plus d’un mois, les mouvements ont suspendu leur participation au sein du mécanisme de suivi et de mise en œuvre de l’Accord. La médiation est en train de jouer son rôle pour ramener les uns et les autres, surtout les parties signataires à revenir sur cette décision.

Que peut-on retenir de cette rencontre ?

Bien avant cette suspension, les mouvements avaient demandé la tenue d’une réunion avec la médiation internationale dans un lieu neutre, dans un pays étranger. C’est ce qui a amené les mouvements à suspendre leur participation tant que cette réunion demandée n’est pas encore accordée. La médiation a été à Kidal pour écouter les mouvements et sûrement, elle va revenir écouter la partie gouvernementale. Mais, on peut dire que les mouvements sont toujours sur leur position. Il n’y a pas eu de changement. Ils réitèrent toujours leur suspension jusqu’à preuve du contraire. Ils attendent toujours une réponse favorable à la demande qu’ils ont adressée à la médiation. Il faut savoir que ce n’est pas la première initiative de la médiation de ramener les uns et les autres à s’entendre. Il y a deux semaines de cela, le ministre algérien des Affaires étrangères a rencontré les mouvements à l’ambassade à Bamako pour dire qu’ils sont d’accord avec le principe de tenir cette réunion. Mais, après avoir rencontré le chef de la transition, c’est lui qui a dit le contexte actuel ne leur permet pas d’aller se réunir à l’étranger. Du côté de la médiation, ils n’ont pas de problème par rapport à cette rencontre. C’est la partie gouvernementale qui a des griefs par rapport à ça. Il faut rappeler que les mouvements ne demandent pas une réunion bilatérale avec le gouvernement. Ils demandent une réunion avec la médiation parce qu’ils supposent que pendant ces huit ans, la médiation n’a pas vraiment joué son rôle en tant que garant de cet accord. Pour nous, la médiation avait démissionné de son rôle, elle devrait être toujours là et veiller sur la mise en œuvre de l’Accord et ramener les uns et les autres à respecter leurs engagements.

Pourquoi une réunion dans un pays neutre ?

C’est ce que les mouvements demandent. Après deux ans d’attente avec les autorités de la transition, pour les mouvements, c’est beaucoup. Aucune avancée significative n’a été faite. Après avoir sonné l’alerte plusieurs fois l’alerte auprès du gouvernement, il n’y a malheureusement pas eu de réaction positive dans ce sens. C’est pour cela qu’il faut rencontrer la médiation dans un lieu neutre, parce qu’il y a beaucoup de choses à discuter.

Quelle sera la suite ?
Ça va dépendre du retour de la médiation. Sûrement, il y aura d’autres réunions. Il faut débloquer la situation sinon, ce n’est pas bon ni pour les mouvements signataires ni peut-être pour le gouvernement, parce que la situation peut dégénerer à tout moment.

C’est-à-dire ?
Ça veut dire que les mouvements sont liés au gouvernement par un accord qui est l’outil qui garantit la paix, la stabilité et le cessez-le-feu. Si cet outil est caduc, s’il n’est plus à l’ordre du jour, les alternatives sont multiples.

Il est annoncé une fusion des mouvements armés de la CMA. Qu’en est-il exactement?

Ça concerne les trois mouvements qui composent la CMA à savoir: le MAA, le MNLA et le HCUA. Ce sera à partir du 8 février. Si cette fusion est actée, il faut savoir que c’est une nouvelle donne, c’est un nouvel élan. La fusion n’est pas que pour les membres de la CMA, il y aura aussi d’autres mouvements de la Plateforme qui composent encore avec nous le CSP. Ils sont aussi invités à rejoindre cette fusion. Pour le moment, c’est les mouvements de la CMA qui vont se fusionner en une seule entité.

Quel est l’objectif de cette fusion ?

L’objectif, c’est d’être ensemble. Au lieu qu’on soit trois mouvements avec trois secrétaires généraux avec trois états-majors, nous serons une entité et c’est pour se renforcer de plus. Vous savez qu’une entité unique est différente d’une coordination.

Est-ce que Iyag Ag Ghali, le chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à al-Qaïda, en fera partie ?

Non, le JNIM est un autre groupe qui n’a rien à avoir avec la CMA. Ils évoluent sur leur propre terrain. Ils ont leur propre politique qui n’échappe à personne que tout le monde connaît. C’est différent pour la CMA.

Il n’y a pas eu de rencontre récente entre le JNIM et la CMA ?

Je ne suis au courant d’aucune rencontre à part ce ce j’ai appris comme vous sur les médias.