Niger : deux journalistes libérés après plusieurs mois de détention à Niamey

Deux journalistes nigériens ont recouvré la liberté en l’espace de 24 heures, selon plusieurs sources concordantes. Hassane Zada Badjé, directeur de publication du journal Toubal Infos, a été libéré mercredi 6 mai 2026 après plus de huit mois de détention. Le lendemain, jeudi 7 mai, Gazali Abdou Tasawa, correspondant de Deutsche Welle au Niger, a bénéficié d’une mise en liberté provisoire après plus de trois mois passés à la maison d’arrêt de Niamey.

Hassane Zada Badjé avait été arrêté le 25 août 2025 après la diffusion sur les réseaux sociaux d’un enregistrement audio contenant des propos jugés injurieux envers le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani. Poursuivi pour « injure et diffamation », il avait été condamné à 30 mois de prison ferme et à une amende de deux millions de francs CFA.

Gazali Abdou Tasawa, lui, avait été interpellé le 23 janvier 2026 à la suite d’un reportage en langue haoussa diffusé sur Deutsche Welle, montrant des réfugiés nigérians vivant dans des conditions précaires à Niamey. Il avait été inculpé de « diffusion de rapports susceptibles de troubler l’ordre public » en vertu de la loi sur la cybercriminalité.

Ces libérations interviennent alors que plusieurs autres journalistes demeurent détenus au Niger : Hamid Mahmoud de Sahara FM, arrêté en mai 2025, Ibro Chaïbou du groupe Sarraounia, Youssouf Seriba du journal Les Échos du Niger et Oumarou Kané Abou du journal Le Hérisson ont été arrêtés fin octobre 2025. À la suite à ces arrestations, Transparency International avait dénoncé un « harcèlement judiciaire » des journalistes.

Selon le classement 2026 de Reporters sans frontières (RSF), le Niger a chuté de 37 rangs en un an, passant de la 83e à la 120e place sur 180 pays, la plus forte baisse enregistrée dans le Sahel cette année. L’organisation dénonce des restrictions croissantes exercées au nom de la sécurité nationale.

Depuis le changement de pouvoir en juillet 2023, plusieurs journalistes ont été arrêtés, des médias suspendus et des organisations professionnelles contraintes de cesser leurs activités. Un rapport de l’International Press Institute relevait en mars 2026 que le Niger était devenu l’un des principaux geôliers de journalistes de la région sahélienne.