Un contrat signé en octobre 2024 entre la mairie de Niamey et la société privée N-TRANS pour la gestion des mises en fourrière suscite une vive controverse dans la capitale nigérienne.
Conclu pour cinq ans renouvelables, l’accord attribue 75 % des recettes issues des amendes et enlèvements de véhicules à l’entreprise, contre 25 % pour la municipalité. Les amendes, fixées à 75 000 F CFA, peuvent aller bien au-delà en cas de non-paiement rapide.
La convention prévoit la mise en place d’un système de sabotage des véhicules jugés mal stationnés, leur transport à la fourrière et leur garde, ainsi que la perception des amendes correspondantes.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes dénoncent un contrat « taillé sur mesure » et jugent les tarifs excessifs. Certains estiment que la municipalité aurait pu gérer ce service directement, via sa police municipale.
Transparency International Niger a réagi vendredi 29 août, dénonçant de « graves irrégularités ». L’organisation estime que la convention viole le Code général des impôts, qui réserve la perception des taxes aux agents publics. Elle parle d’une « délégation illégale », d’une « manifestation évidente de la Grande Corruption » et de tarifs « illégaux » pesant sur le pouvoir d’achat.
La Ville de Niamey a tenté de justifier sa démarche lors d’un point de presse le 27 août. Elle a expliqué que le partenariat visait à mettre de l’ordre dans le stationnement pour améliorer la fluidité de la circulation. « Nous devons être positifs, comprendre et accompagner la ville, parce que la somme des intérêts individuels ne fait pas d’intérêt général », a déclaré le secrétaire général de la mairie, Goungouban Moumouni.
Transparency International appelle néanmoins à la suspension du dispositif et à l’ouverture d’enquêtes.
La polémique est également alimentée par le fait que la société N-TRANS a été immatriculée seulement deux mois avant l’attribution du marché, et par des interrogations sur les antécédents judiciaires de son gérant.