Niger : la gestion des boues de vidange, un défi persistant

À Niamey, la gestion des boues de vidange reste confrontée au manque d’infrastructures et aux coûts élevés du service. Dans certains quartiers, notamment ceux où la nappe phréatique est peu profonde, les fosses septiques se remplissent rapidement, obligeant les ménages à recourir fréquemment aux vidangeurs.

Selon Seydou Adamou, habitant de la capitale, son ménage peut procéder à deux ou trois vidanges par mois en saison des pluies, pour un coût entre 20 000 et 25 000 FCFA par intervention.

Les vidangeurs doivent ensuite acheminer les boues jusqu’à Koubia, où se trouve l’unique station de traitement fonctionnelle de la capitale. Mise en service en 2019 avec un financement de la Banque mondiale à travers le Projet Eau et Assainissement en Milieu Urbain, la station assure notamment le prétraitement, la sédimentation et le séchage des boues.

Pour les professionnels du secteur, cette concentration des activités à Koubia augmente les distances parcourues, les dépenses en carburant et le temps nécessaire à chaque intervention. Selon Boubacar Guero Hinsa, chargé de communication de l’association des vidangeurs, la multiplication des stations permettrait notamment de réduire les coûts pour les ménages et d’améliorer la rentabilité des opérateurs.

Au-delà de l’aspect économique, la mauvaise gestion des boues constitue également un enjeu sanitaire. Le professionnel de santé Yacouba Hassan Sanda alerte sur les risques liés au déversement des eaux usées dans les rues, notamment l’exposition des populations aux agents pathogènes.

Les vidangeurs eux-mêmes sont exposés à ces risques. Seybou Soumana, conducteur de camion de vidange, réclame notamment davantage d’équipements de protection pour les travailleurs du secteur.

Pour renforcer les capacités de traitement, d’autres stations sont prévues à Niamey et dans les chefs-lieux de région. À Niamey, les travaux de finalisation de la station de Karey Gorou ont été lancés en avril 2026. Pour les acteurs du secteur, l’enjeu sera désormais d’assurer non seulement la construction de ces infrastructures, mais aussi leur fonctionnement et leur entretien dans la durée.