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samedi, 04 décembre, 2021

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Niger: la pastèque, une culture en plein essor à Agadez

A chaque saison, plusieurs dizaines de camions provenant des jardins situés autour des oasis de l’Aïr ravitaillent, quotidiennement, le marché de fruits de la ville d’Agadez.

Entre avril et juillet, la pastèque ou Kankana (en Haoussa) abonde sur le marché. « Elle provident des villages comme Imdigran, Inwagigh, dans l’Est d’Agadez et aussi à l’Ouest comme la commune de Tchirozérine dont la culture finit vite. Par jour, on peut décharger plus de trente camions de pastèques. Ça dépend de la taille des fruits. Le chargement d’un camion se vend entre 100.000 et 150. 000 voire 200.000 FCFA » explique Ousmane Ahmed Elhaj Ika, un grossiste.

Cultivée dans presque toutes les régions du Niger, la production et la commercialisation de la pastèque s’améliorent de jour en jour. « Il y a une grande différence avec notre rendement d’avant. Premièrement, les consommateurs n’étaient pas si nombreux qu’aujourd’hui. Actuellement, c’est toute la population qui en consomme. Et puis, elle est trop sucrée à cause de la variété de semences. Ce type de semence que nous cultivons ici, nous vient de la Libye, d’Algérie et aussi de l’Amérique. Ça donne très bien, même les semences du Nigeria, quand nous les utilisons, ils sont plus sucrés que quand c’est cultivé là-bas. La différence se situe au niveau du sol », poursuit-il.

C’est un fruit bien apprécié des habitants à cause de sa chaire sucrée et hydratante. « Je viens régulièrement acheter lorsque j’en ai envie. J’ai l’ai déjà mangé à Maradi, mais la différence c’est le goût et celle d’Agadez est mieux. Je pense que celle de Maradi vient du Nigeria », affirme Saminou, un consommateur.

Une culture saisonnière qui occupe les candidats à l’immigration

La vente de ce fruit constitue un gagne-pain pour beaucoup de jeunes qui s’adonnent à cette activité. Après avoir fui l’insécurité en Libye, Amadou est rentré chez lui au Niger, l’année dernière. Âgé de 32, il s’est lancé dans le commerce de ce gros fuit. «Quand on achète la pastèque, on paye par camion, c’est-à-dire cent pastèques, parfois, si c’est deux camions, on achète par groupe de six à sept personnes».

Aujourd’hui, Amadou ne veut plus partir à l’aventure. « Avec ce petit commerce, je gagne un peu d’argent. C’est une richesse pour moi et je ne serai pas humilié dans mon pays », ajoute-t-il. Comme lui, ceux qui interviennent dans le secteur y trouvent leur compte.

Pour les autorités régionales, l’objectif, c’est d’accroître la production des agriculteurs et encourager la transformation par les entreprises locales. « Actuellement, nous avons 1336 producteurs qui pratiquent la culture de la pastèque au niveau de la région d’Agadez. C’est une culture qui prend beaucoup d’ampleur dans l’Aïr. Quand vous voyez le matin, le nombre de camions qui entrent dans la zone au niveau du marché d’Agadez, vraiment c’est impressionnant. Du producteur jusqu’au client, tout ce système, ça veut dire que les gens sont en train d’en tirer des revenus. Les camions l’amènent au niveau d’Agadez, vous allez voir des intermédiaires et les revendeurs, vraiment c’est une culture qui rapporte », indique Mahamadou Ibrahim, directeur régional de l’agriculture.

Au marché comme dans les ruelles, la pastèque est en vente un peu partout dans la ville. Cette année, sa commercialisation est frappée par la crise de covid-19. « En saison sèche, les producteurs maraichers d’Agadez produisent une quantité importante de pastèques. La récolte commence en avril et se poursuit jusqu’en juillet. Mais cette année, la maladie à coronavirus a porté un coup dur à la commercialisation des pastèques notamment, son transport vers la capitale Niamey » a indiqué un responsable de la gestion du marché.

Omar H. Saley, Sory Kondo

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