Le Conseil des ministres nigérien a adopté mercredi 22 avril 2026 un décret attribuant le permis de grande exploitation minière du gisement de charbon de Salkadamna à la société Wanda Group SA, pour le compte d’une société d’exploitation qui sera créée conjointement avec l’État.
Selon le communiqué officiel, des travaux de sondages additifs ont permis de réévaluer les réserves du gisement, désormais estimées à 150 millions de tonnes, soit bien au-delà des 69 millions de tonnes précédemment annoncés. L’investissement prévu est chiffré à 1,75 milliard de dollars.
Le potentiel charbonnier de Salkadamna, dans la région de Tahoua (centre du pays), est connu depuis les années 1980. Le gouvernement nigérien avait officiellement relancé le projet en 2012, après la découverte confirmée de réserves importantes. Une première cérémonie de pose de première pierre a eu lieu en 2014, mais les travaux n’ont jamais démarré.
Une entreprise californienne avait été désignée pour mettre en œuvre le projet, avant de se retirer, ouvrant la voie à une implication chinoise.
Le dossier est resté en suspens pendant une décennie. En mars 2025, le gouvernement nigérien a relancé les études de faisabilité dans le cadre d’un partenariat public-privé impliquant Wanda Group et ses partenaires chinois et indiens, HEC et Kalpa-Taru.
Un enjeu énergétique majeur
Le Niger dépend largement des importations d’électricité, notamment du Nigeria. Après le coup d’État de juillet 2023, le Nigeria a coupé ses livraisons d’électricité dans le cadre des sanctions de la CEDEAO, provoquant des pannes généralisées dans un pays qui dépendait du Nigeria pour environ 70 % de son alimentation électrique.
Le projet Salkadamna est présenté par les autorités comme une réponse à cette vulnérabilité. Selon le communiqué du Conseil des ministres, sa mise en œuvre devrait permettre de « produire d’importantes quantités d’énergie électrique » et de contribuer à « la souveraineté énergétique du Niger, avec des possibilités d’exportation ». Une centrale thermique d’une capacité de plus de 5 200 MW est prévue, accompagnée d’une mine à ciel ouvert, de lignes haute tension et d’une usine de briquettes de charbon produisant 100 000 tonnes par an.
Wanda Group et ses partenaires
Wanda Group SA est la société nigérienne porteuse du projet côté privé. Elle s’est associée au chinois HEC et à l’indien Kalpa-Taru dans le cadre du groupement WANDA-JIMEI, avec lequel le gouvernement a signé un mémorandum d’entente en septembre 2024, modifié par avenant en janvier 2025. Le permis désormais accordé vise à formaliser ce partenariat dans une société d’exploitation dont l’État sera copropriétaire.
Le communiqué officiel précise que le projet devrait générer « plusieurs emplois directs au profit des jeunes Nigériens » et des avantages liés au contenu local pour les entreprises nigériennes, sans chiffrer davantage ces retombées.


