Quarante-quatre (44) centres emplisseurs de gaz de pétrole liquéfié (GPL) sont désormais autorisés à commercialiser le produit au Niger. Le ministre du Commerce, Abdoulaye Seydou, a rendu publics jeudi 12 mars les résultats d’un processus de sélection engagé dans le cadre d’un arrêté adopté en décembre 2025 pour réorganiser la filière.
Sur 78 centres répertoriés, 59 ont soumis un dossier. Un comité technique réunissant plusieurs ministères et organismes publics les a évalués selon 29 critères, dont 10 éliminatoires portant principalement sur les dispositifs de sécurité et la possession de bouteilles et de dépôts propres. Au final, 44 dossiers ont obtenu un avis favorable, 15 un avis défavorable. Ces derniers disposent de deux semaines pour se mettre en conformité.
Cette certification intervient après plusieurs mois de turbulences dans le secteur. Fin novembre 2025, les revendeurs avaient suspendu leurs activités à Niamey, dénonçant l’absence d’accord sur une nouvelle structure des prix. Le mouvement est intervenu alors que des pénuries avaient été signalées dans plusieurs régions, dont Agadez et la capitale. La reprise n’avait été annoncée qu’en janvier 2026, après l’adoption d’un arrêté encadrant les conditions d’exercice de la filière.
L’enjeu sécuritaire est également au cœur de cette réforme. Le 16 janvier 2026, un dépôt de gaz installé en plein quartier résidentiel de Banifandou, à Niamey, avait violemment explosé, provoquant un incendie et une onde de choc ressentie dans toute la capitale. Le 6 mars, c’est à Zinder qu’un véhicule chargé de bouteilles avait explosé devant une école, détruisant deux salles de classe. Présent sur les lieux du sinistre de Niamey, le gouverneur de la région avait dénoncé une « récurrence inquiétante » des accidents liés au stockage anarchique. Il avait alors averti que l’État ne tolérera plus d’anarchie dans la distribution et la commercialisation du gaz.
Le gouvernement avait par ailleurs rappelé en novembre 2025 l’interdiction d’exporter le GPL, en vigueur depuis octobre 2023, afin de garantir l’approvisionnement du marché national.


