Face à l’insuffisance persistante de personnel dans les centres de santé, le gouvernement nigérien a décidé de relancer le service civique national pour l’année 2026. Une note signée le 3 mars par le secrétaire général du ministère de la Santé fixe un délai de deux semaines pour le dépôt des dossiers des candidats auprès des directions régionales.
Ce programme n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, il permet de mobiliser de jeunes diplômés pour soutenir les services publics, particulièrement dans l’éducation et la santé. Officiellement rendu obligatoire en 2021 pour les diplômés du supérieur, le service civique avait fait l’objet d’une réorganisation en 2024. Le gouvernement avait alors jugé nécessaire d’apporter des ajustements après avoir constaté des insuffisances dans la gestion du dispositif et dans l’accomplissement des missions par certains volontaires. L’objectif affiché était double : renforcer l’efficacité du service civique et mieux préparer les jeunes à la vie active.
Malgré ces mécanismes, le manque de personnel demeure une réalité dans de nombreuses structures sanitaires. Les effectifs restent insuffisants pour répondre à la demande croissante de soins. Chaque année, des promotions de diplômés sortent des écoles de santé, mais les recrutements dans la fonction publique restent limités. Une partie du personnel est employée sous contrat, sans intégration systématique.
Dans ce contexte, le service civique apparaît comme un moyen temporaire pour renforcer les équipes. La note ministérielle ne précise ni le nombre de volontaires attendus, ni la durée de leur déploiement, laissant planer des questions sur l’efficacité réelle de cette mesure face à un déficit structurel.


