Le Niger a annoncé le 4 février la mise en place d’un comité d’experts chargé de suivre et de documenter les contentieux opposant l’État au groupe français Orano, dans un contexte de multiplication des procédures judiciaires et arbitrales.
Selon les autorités nigériennes, ce comité a pour mission de rassembler les éléments techniques, juridiques, environnementaux et financiers liés à l’exploitation de l’uranium, afin de défendre les intérêts du pays devant les juridictions nationales et internationales. Il doit également évaluer les préjudices environnementaux, sanitaires, sociaux et économiques évoqués par le gouvernement.
Cette initiative intervient alors que le gouvernement nigérien a annoncé son intention d’engager des poursuites contre Orano afin d’obtenir réparation des préjudices environnementaux, sanitaires, sociaux et économiques qu’il estime avoir subis. Début décembre, il avait annoncé la découverte de 400 tonneaux de carottes radioactives à Arlit, dans le nord du pays. Les autorités accusent le groupe de manquements dans la gestion des déchets miniers et d’atteintes à l’environnement et à la santé des populations.
Pour sa part, Orano a déjà engagé plusieurs procédures contentieuses contre le Niger, notamment devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Le groupe conteste certaines décisions prises par les autorités nigériennes dans le secteur minier, dont la nationalisation de sa filiale SOMAÏR en juin 2025.
Les relations entre Niamey et le groupe français sont également marquées par des tensions autour du transport de quelques 1 000 tonnes de yellow cake (du concentré d’uranium) depuis Arlit. Fin novembre, Orano a dénoncé un transport qualifié d’illégal de matières entreposées sur le site de la SOMAÏR. Le minerai concerné se trouve actuellement à Niamey, en attente d’exportation. Le groupe affirme ne pas être à l’origine de ce convoi et estime que ce transport contrevient à une décision arbitrale rendue en septembre 2025 par le CIRDI.
De son côté, le gouvernement nigérien rejette les accusations de vol et soutient que ses décisions relèvent de sa souveraineté sur les ressources naturelles. Il affirme que les titres miniers accordés à Orano constituent des droits d’exploitation et non un droit de propriété.

