Mali : Après la manifestation anti-alcool à Tombouctou, les habitants s’expriment

Le 25 février dernier, au moins cinq bars et espaces de loisirs ont été saccagés ou incendiés par des jeunes de Tombouctou.

Frédéric Gardet, propriétaire d’un de ces bars n’imaginait pas que des habitants pouvaient s’en prendre à ces lieux à Tombouctou. Une ville dans laquelle il est né et y a vécu pendant l’occupation terroriste en 2012.

« Ils m’ont tout ramassé jusqu’aux objets comme des ouvre-bouteilles, coupe-ongles. Je pense que c’est des jeunes gens qui n’ont pas de travail, c’est tout, mais la solution n’est pas d’attaquer les bars », a-t-il déclaré.

Selon lui, les terroristes n’étaient pas aussi nombreux lorsqu’ils s’attaquaient aux espaces de loisirs pendant l’occupation. Le samedi dernier, « il y avait beaucoup de gens, des enfants des autres quartiers. Par contre les islamistes en leur temps étaient trois ou quatre ».

Certains habitants estiment que c’est à cause du nombre croissants des victimes de l’alcool et des produits stupéfiants, qu’il y a eu cette manifestation.

« Il y a des adolescents qui s’adonnent à l’usage des produits stupéfiants, d’autres ont perdu leur vie et certains sont devenus fous », indique Mohamed Cissé.

Pour Ibrahim Mamadou, un autre habitant, « ce qui s’est passé est un acte qui n’honore pas la jeunesse. A Tombouctou, nous avons beaucoup de choses sur lesquelles nous devons nous battre. Nous devons dire non au vol, non aux assassinats, à l’enlèvement de voiture. Mais aller vandaliser, casser des maisons, brûler des dépôts d’alcool, je pense que ce n’est pas la solution ».

« Si on doit lutter contre la consommation d’alcool, on doit commencer la sensibilisation dans les familles et sur les différentes radios », ajoute-t-il.

Le maire de la commune urbaine de Tombouctou, Aboubacrine Cissé, a quant à lui, appelé les jeunes à agir avec plus de civilité dans les jours à venir.

Aissata Ahamadou Sidi Yahiya Abdoul Malick Almaïmoune

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