Le chef de l’État nigérien Abdourahamane Tiani a effectué les 15 et 16 février, une visite officielle en Algérie, à l’invitation de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune. À l’issue des entretiens, les deux pays ont affiché la volonté de relancer leur coopération politique, sécuritaire et économique, avec plusieurs projets d’infrastructures et d’énergie remis sur les rails.
Selon le président algérien, le gazoduc transsaharien doit entrer dans sa phase opérationnelle sur le territoire du Niger après le Ramadan 2026. Le groupe public Sonatrach « prendra les choses en main pour démarrer l’installation du pipeline », a indiqué la présidence algérienne.
Les discussions ont aussi porté sur l’accélération d’autres projets structurants. Le général Tiani a évoqué la liaison ferroviaire Niger-Algérie, la route transsaharienne, le port sec d’Agadez ainsi que le développement du bloc pétrolier de Kafra. Une commission mixte doit être mise en place après le Ramadan pour enclencher la phase de réalisation, selon Abdelmadjid Tebboune.
Parallèlement aux infrastructures, Abdourahamane Tiani a appelé à l’accélération des programmes sociaux financés dans plusieurs villes nigériennes. Il s’agit notamment d’un centre de dialyse à Tchirozérine (région d’Agadez), un lycée professionnel à Zinder, un institut islamique et une polyclinique à Agadez ainsi qu’un centre pédagogique national à Niamey.
Pour le chef de l’État nigérien, ces réalisations doivent créer « des passerelles et des liens indestructibles ».
Les deux pays ont également affiché leur volonté de renforcer leur coopération sécuritaire au Sahel. « La sécurité du Niger est la sécurité de l’Algérie », a déclaré Abdelmadjid Tebboune, assurant que les deux États resteront « dans la même tranchée ». Abdourahamane Tiani a pour sa part salué la position d’Alger en faveur « du respect de la souveraineté du Niger », affirmant qu’« aucun Africain ne saurait comprendre que l’Algérie prête son territoire pour agresser un pays africain frère ».
Cette visite marque un rapprochement diplomatique entre Niamey et Alger. Elle intervient après plusieurs mois de tensions nées en avril 2025, lorsque l’armée algérienne avait abattu un drone malien. Les pays de l’Alliance des États du Sahel – Mali, Niger, Burkina – avaient alors rappelé leurs ambassadeurs, suivis par Alger. La reprise récente des relations diplomatiques entre le Niger et l’Algérie avec le retour de leurs ambassadeurs respectifs ouvre désormais une phase de coopération.


