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jeudi, 15 avril, 2021

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Les femmes sénégalaises combattent la montée des abus pendant la pandémie

Par Elimane NDAO

Dieuppeul Derklé est un quartier populaire de Dakar. C’est ici que l’association des juristes sénégalaises organise sa causerie du jour. En présence d’une vingtaine de femmes et quelques hommes, l’association invite les femmes à dénoncer activement les violences qu’elles subissent.

Depuis l’arrivée du coronavirus au Sénégal, les violences physiques, économiques et psychologiques envers les femmes ont considérablement augmenté. Une recrudescence de 15 à 30 % de plus comparée à la période d’avant covid 19 selon l’Association des Juristes Sénégalaises (AJS). L’Association est l’un des acteurs majeurs qui lutte contre ces violences. Elle organise régulièrement des causeries pour sensibiliser et assister les femmes.

Selon Ndèye Madjiguène Sarr Bakhoum, membre de l’Association des Juristes sénégalaises, « les lois ne sont pas neutres. Si les femmes ne participent pas à l’élaboration des lois, certaines de nos préoccupations ne seront pas prises en compte ».

Ndèye Madjiguène Sarr Bakhoum, Membre de l’Association des juristes sénégalaise : « Nous ce qu’on conseille à ces femmes là c’est de venir vers nos boutiques de droits, de se référer à la procédure adéquate, de ne pas faire d’abandon de domicile. Tant qu’il n’y aura pas de dénonciation, il y aura toujours la présence de la violence.

Marème Tabane, une participante à l’atelier, est d’accord avec l’avis de Bakhoum. « On ne doit pas essayer de sauver des apparences. Les femmes qui subissent des violences doivent les faire savoir. L’association des juristes sénégalaises est là par exemple pour les soutenir » explique-t-elle.

La responsabilité des hommes a été pointée du doigt. Boubacar Fall, un autre participant à l’atelier, a invité les époux à faire preuve de plus de compréhension envers leurs épouses et d’instaurer un climat de paix dans la famille. 

« Nous les hommes nous avons une responsabilité extraordinaire. Il ne faut pas prendre la posture de chef de famille comme une dictature. Mais c’est juste un compagnonnage, c’est juste une orientation, c’est juste une amitié au-delà de l’amour qui nous lie. Quand on a une épouse, je pense qu’il faut savoir la couvrir et la protéger », Fall a dit.

Pour d’autres il faudrait repenser l’éducation sociale pour venir à bout de ces violences basées sur le genre. C’est le cas du psychologue Ibrahima Giroux. Il invite à une meilleure éducation des garçons pour qu’ils deviennent de meilleurs époux et de meilleurs parents.

« Dans certains pays on forme les futurs parents. Peu de pays le font dans le monde mais cela devrait se faire partout dans le monde. Les imams, le clergé, les leaders traditionnels, il faut s’ouvrir à tout le monde. Tout le monde a son mot à dire et le mot de chacun est important et qu’on construise ensemble un programme national d’éducation parentale, qui ressemble aux sénégalais » Giroux a expliqué.

Sur le plan législatif, une grande avancé a eu lieu en 2020 avec la criminalisation du viol au Sénégal après plusieurs années de lutte. Les associations de défense des droits des femmes espèrent une plus grande implication de l’Etat pour mettre fin aux violences.