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Mouvement du 5 juin: pourquoi une partie se désolidarise du mémorandum

Dans un mémorandum rendu public le 31 juin, le Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) pose ses conditions pour une sortie de crise. Le document qui ne fait pas de la démission du président, une impérative frustre plusieurs leaders du mouvement.

Les intérêts ne seraient plus les mêmes au sein du M5-RFP. Créé à la suite des élections législatives de mars et avril dernier, le mouvement a rassemblé des milliers de personnes les 5 et 19 juin à la Place de l’indépendance en plein cœur de Bamako. Aux deux manifestations et aux nombreuses conférences de presse, le M5 a toujours réclamé « la démission du chef de l’Etat et son régime ».

Face à la dégradation de la situation, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a envoyé des émissaires au Mali, le 18 juin. La délégation a échangé avec les contestataires et les partis de la majorité présidentielle avant d’établir que « l’arrêt de la Cour constitutionnelle dans le cadre du contentieux des dernières élections législatives est à la base de la crispation socio-politique actuelle ».

Dans son rapport, la mission s’est opposée à la demande de démission du président de la République et a exigé « l’organisation d’élections législatives partielles dans les circonscriptions électorales dont les résultats ont été falsifiés par la Cour constitutionnelle, la mise en place d’un Gouvernement d’union nationale mettant en œuvre les recommandations du Dialogue national inclusif, etc. ». La communauté internationale à travers l’Union européenne et les Etats-Unis ont exprimé leur adhésion aux conclusions de la mission de la Cédéao.

Si le M5 ne voulait rien céder au début, il a finalement renoncé partiellement à son mot d’ordre initial : la démission du président Ibrahim Boubacar Kéita. Par ailleurs, le mouvement soutenu par l’influent imam Mahmoud Dicko pose ses conditions pour la sortie de crise. En conférence de presse, le 31 juin 2020, des responsables du M5 ont dévoilé les conditions à la presse. Il s’agit « de la dissolution immédiate de l’Assemblée nationale, la mise en place d’un Organe législatif de transition, le renouvellement intégral des membres à la Cour constitutionnelle ». Selon Choguel Kokala Maïga, responsable du Front pour la sauvegarde de la démocratie affilié au M5,  la mise en place d’un gouvernement de transition est également une condition du mouvement du 5 juin.

« Le Premier ministre doit-être désigné par le M5-RFP, il ne peut-être demis par le président de la République, il forme son Gouvernement en entier, il nomme aux hautes fonctions nationales (Administration, Justice, Forces armées et de sécurité », précise-t-il.

La fissure

Sur les trois organisations fondatrices du M5, une se désolidarise du mémorandum. Il s’agit de l’Espoir Mali Kura (EMK) dirigé par Cheick Oumar Sissoko. Composé d’une soixantaine d’associations et de partis politiques, EMK n’a pas signé le document. « Sur cette question, nous nous démarquons même si nous ne jetons pas l’opprobre sur ceux qui l’ont initié. Ils ont initié cela parce qu’ils pensent que c’est une voie pour le peuple, nous ne nous le pensons pas », a expliqué Cheick Oumar Sissoko, coordinateur de l’EMK. Pour l’ancien ministre de la Culture, l’EMK restera dans le M5.

Espoir Mali Kura n’est pas le seul à dire non à ce mémorandum. La jeunesse du M5 n’adhère pas également au contenu du document. Dans un communiqué, ils exigent le maintien du mot d’ordre initial.

En attendant l’ouverture du dialogue, le M5-RFP projette un nouveau rassemblement le 10 juillet 2020.

M. A. Diallo