Un nouveau forage d’exploration pétrolière a débuté jeudi 13 août 2026 dans la région d’Agadez, dans le nord du Niger, dans le cadre de la coopération entre Niamey et Alger. Les travaux ont été officiellement lancés par les Premiers ministres nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine et algérien Sifi Ghrieb sur le site de Kafra.
Baptisé Kafra Sud-Est 1 (KAFRSE-1), le puits doit atteindre quelque 3 900 mètres. Le bloc de Kafra, qui s’étend sur 23 737 km², se trouve entre les départements d’Iferouane et de Bilma, près de la frontière algérienne.
Il fait l’objet d’un contrat de partage de production conclu en 2015 entre l’État nigérien et la société algérienne Sonatrach, à travers sa filiale SIPEX, puis renouvelé en 2022. Les activités d’exploration avaient déjà donné lieu au forage de deux puits, KFR-1 en 2018 et KFRN-1 en 2019, avant leur interruption. Les données disponibles font état d’environ 168 millions de barils d’huile lourde pour KFR-1 et de près de 100 millions de barils récupérables pour KFRN-1.
Avec la reprise des travaux sur ce bloc, Niamey veut approfondir sa connaissance du potentiel de Kafra et préparer les conditions d’une éventuelle mise en valeur. Le programme doit s’étendre sur deux ans, selon le Premier ministre nigérien, qui a également annoncé une actualisation de l’étude de faisabilité. Le gouverneur d’Agadez, le général de division Ibra Boulama Issa, a de son côté évoqué des réserves d’environ 3 milliards de barils pour le bloc.
Des retombées locales attendues du projet
Les autorités nigériennes mettent également l’accent sur le contenu local, l’un des piliers de leur politique souverainiste : formation de cadres et de travailleurs nigériens, transfert de compétences et recours aux entreprises nationales disposant des capacités requises.
Pour Alger, le projet s’inscrit dans un partenariat plus large entre Sonatrach et la Société nigérienne du pétrole (SONIDEP), qui couvre la recherche, l’exploration, le développement et la production d’hydrocarbures. Sifi Ghrieb a également annoncé la poursuite de la coopération autour de la raffinerie de Zinder et l’évaluation d’autres blocs pétroliers, notamment celui de Bilma.
Les deux Premiers ministres ont présenté Kafra comme l’un des volets du rapprochement engagé entre les deux pays. Énergie, infrastructures, formation, santé et échanges transfrontaliers figurent parmi les priorités.
Le lancement de ce projet intervient alors que Niamey et Alger ont engagé un rapprochement après la visite du chef de l’État nigérien Abdourahamane Tiani en Algérie, les 15 et 16 février 2026. Les deux pays ont depuis relancé leurs mécanismes de coopération, notamment dans les hydrocarbures, la sécurité et la formation. Plusieurs engagements ont déjà commencé à se concrétiser, avec notamment l’inauguration en juin d’une centrale électrique de 40 MW à Niamey et le lancement, à Agadez, de chantiers pour la construction d’un centre d’hémodialyse, d’une polyclinique et d’un institut islamique.


