L’Observatoire national de la communication (ONC) du Niger a appelé les médias et les acteurs de la communication à cesser la diffusion d’images montrant des bénéficiaires de dons alimentaires dans des conditions susceptibles de porter atteinte à leur dignité.
Dans un communiqué publié le 18 mars, l’ONC indique avoir constaté « avec préoccupation » la persistance, dans certains médias et sur les plateformes numériques, de contenus mettant en scène des citoyens recevant des dons alimentaires dans des situations jugées « humiliantes », « avilissantes ou dégradantes ».
Le régulateur rappelle qu’il lui revient, en vertu de l’ordonnance définissant ses missions, de veiller au respect des règles déontologiques dans le traitement de l’information et à la protection de la dignité humaine dans les contenus diffusés.
Selon l’institution, la diffusion d’images « attentatoires à l’honneur ou à la dignité des personnes » est proscrite, y compris lorsqu’elle intervient dans le cadre d’actions sociales ou humanitaires. Elle appelle les professionnels des médias à privilégier un traitement respectueux des populations et à éviter tout contenu susceptible de « stigmatiser » ou « fragiliser » les bénéficiaires d’aide.
Dans son communiqué, l’ONC invite également les organes de presse à promouvoir des messages de solidarité, d’unité nationale et de respect mutuel, dans un contexte que les autorités présentent comme celui de la « refondation nationale ».
Cadre légal et cybercriminalité
Le régulateur des médias rappelle que les manquements aux règles professionnelles peuvent exposer leurs auteurs à des sanctions prévues par les textes en vigueur.
Au Niger, la diffusion de contenus numériques jugés attentatoires à la dignité des personnes peut également relever de la loi sur la cybercriminalité. Modifiée en juin 2024, cette loi prévoit notamment des peines d’un à trois ans de prison et des amendes pouvant atteindre cinq millions de francs CFA pour diffamation ou injures commises en ligne, et deux à cinq ans de prison en cas de diffusion de données portant atteinte à la dignité humaine ou à l’ordre public.
Dans le communiqué signé par son président Ibrahim Manzo Diallo, l’ONC affirme rester engagé à accompagner les médias dans l’exercice de leur mission d’information, « dans le respect des valeurs républicaines et des exigences de la refondation nationale ».


