Niger : neuf médias étrangers suspendus pour atteinte à « l’ordre public et au moral des forces armées »

Sont visés France 24, RFI, TV5 Monde, l’AFP, TF1 Info, Jeune Afrique, Mediapart, France Afrique Média et LSI Africa. La mesure, prise le 8 mai 2026 par l’Observatoire national de la communication (ONC), est effective immédiatement sur tous les canaux : satellite, câble, internet et applications mobiles.

L’ONC invoque une « diffusion récurrente de contenus susceptibles de mettre gravement en péril l’ordre public, l’unité nationale, la cohésion sociale et la stabilité des institutions de la République ». Dans un communiqué publié le lendemain, l’organisme étend la justification à « la stabilité des institutions des pays membres de l’AES » et au « moral des forces de défense et de sécurité ».

RFI et France 24 avaient déjà été coupées dès août 2023, une semaine après le coup d’État du général Abdourahamane Tiani. En 2026, le Niger a chuté de 37 places dans le classement RSF de la liberté de la presse, au 120e rang sur 180 pays.

Cette décision intervient trois jours après l’interdiction de TV5 Monde au Burkina Faso, pays allié du Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel. Deux journalistes nigériens détenus depuis plusieurs mois ont par ailleurs été libérés cette semaine : Gazali Abdou Tasawa, correspondant de Deutsche Welle, et Hassane Zada Badjé, directeur de publication du journal local Toubal Infos.