Niger : un cadre de concertation pour encadrer les ONG, après une vague de dissolutions

Le ministère de l’Intérieur a créé, par arrêté du 23 mars 2026, un « Cadre de Concertation » entre l’État, les ONG et associations de développement, ainsi que leurs partenaires techniques et financiers. Présidé par le secrétaire général du ministère, il se réunit ordinairement chaque trimestre pour coordonner les interventions et renforcer la transparence, selon l’arrêté.

Ce cadre était annoncé dès le forum de Tillabéri, tenu fin octobre 2025, où les participants avaient recommandé transparence financière, coordination renforcée et suivi plus rigoureux des ONG. Il traduit aujourd’hui ces recommandations dans un cadre officiel.

Depuis le coup d’État de 2023, le contrôle sur les organisations non gouvernementales s’est considérablement renforcé au Niger. Des centaines d’ONG ont été suspendues en novembre 2025 pour non-publication de leurs états financiers. Sur plus de 4 000 structures enregistrées, environ 1 800 ont été maintenues après les contrôles. Le Comité international de la Croix‑Rouge (CICR) a été contraint de fermer ses bureaux. Les ONG ACTED et INSO ont vu leurs autorisations d’exercer retirées, et quatre syndicats du secteur judiciaire, dont celui des magistrats, ont été dissous.

En février 2025, le gouvernement avait déjà mis en place un comité technique chargé de veiller à ce que les interventions des ONG s’alignent sur les priorités de l’État en matière de sécurité, de gouvernance et de développement.

Ce nouveau cadre réunit onze ministères, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants d’ONG nationales et étrangères. Présenté comme un espace de dialogue, il devient surtout un instrument de contrôle supplémentaire dans un pays très dépendant de l’aide internationale.