Niger : La production laitière locale entre difficultés et perspectives

Au Niger, 80% de la population urbaine ou péri-urbaine pratique l’élevage en dehors des 20% d’éleveurs transhumants que compte le pays.

Ce secteur occupe une place importante parmi les activités génératrices de revenus et représente 11 % du Produit intérieur brut. Mais la production laitière nationale est instable et dépend des saisons.

L’éleveur Souley Ali, affirme vendre en période de froid, 8 à 9 litres de lait par jour contre 15 à 17 litres pendant la chaleur.

Comme chez Souley, ce sont de petites quantités de lait qui sont collectées quotidiennement, loin de satisfaire les immenses besoins de consommation.

Et généralement, la collecte et le transport ne sont font pas dans de bonnes conditions.

Les produits fabriqués sur place sont donc issus de la poudre de lait importée. C’est le cas de l’unité Laban Niger qui a une production de 50.000 litres par jour.

« Si vous voulez utiliser le lait de vache nigérien, c’est-à-dire traiter avec les éleveurs afin de collecter une quantité de lait qui vous permettra de travailler, vous ne trouverez pas la quantité qu’il faut », explique Ousmane Mibarek, DG de LABAN Niger.

Il souligne, par ailleurs, que l’importation des matières premières agit sur le coût de la transformation, ce qui décourage les opérateurs économiques.

Entre autres difficultés du secteur de l’élevage: la question de la santé animale, le manque d’aires de pâturage et d’infrastructures.

Pour moderniser le secteur, Boubacar Dodo, secrétaire exécutif de l’association pour la redynamisation de l’élevage estime que l’Etat doit mettre en place une véritable politique laitière.

« Les cultures fourragères n’ont pas été développées dans les zones où il est possible d’avoir toujours de l’herbe fraîche », indique-t-il.

Un autre point de blocage, toujours selon cet éleveur est l’absence de mesure incitative à produire du lait. « Aujourd’hui, il est beaucoup plus aisé pour le consommateur nigérien d’acheter du lait en poudre que le lait local ».

Afin de renforcer les capacités nationales de production alimentaire, d’approvisionnement et de résilience face aux crises alimentaires et aux catastrophes, les autorités ont lancé, en 2012, l’initiative 3N : les Nigériens nourrissent les nigériens.

« Sur la production laitière en juin 2016, on est déjà à 90% de nos objectifs de l’année 2016. De ce point de vue si on fait l’évaluation d’ici novembre ou décembre on sera à plus de 100% », affirme Boucha Mohamed, ministre délégué auprès du ministre de l’agriculture et de l’élevage, chargé de l’élevage.

« Elle commence à prendre de l’importance et nous envisageons de la moderniser et de lui permettre d’avoir toute sa valeur et essayer de former et d’encadrer tous ces producteurs afin qu’il y ait de la traçabilité de leur produit et de se conformer aux normes ISO pour essayer de leur permettre d’exporter sur le marché de la sous-région », ajoute-il.

Selon une étude de l’Union économique et monétaire ouest africaine réalisée en 2013,toutes les régions du Niger contribuent à la formation de la production laitière nationale, en dehors de la région d’Agadez et la capitale.

Les quatre grandes régions laitières concentrent à elles seules, 77% de la production nationale. Il s’agit de Maradi, Tahoua, Tillabery et Zinder.

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