Le Niger et la Turquie ont signé jeudi 4 juin 2026 à Ankara plusieurs accords de coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur, du commerce, de la santé et de la diplomatie, à l’occasion de la visite officielle du chef de l’État nigérien Abdourahamane Tiani.
Les textes ont été conclus à l’issue d’entretiens entre le général Tiani et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, qui ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur partenariat bilatéral.
Les accords portent notamment sur la mise en œuvre d’un programme de coopération universitaire pour la période 2026-2030, la création d’une commission de partenariat économique et commercial, la coopération autour de l’Hôpital d’amitié Turquie-Niger à Niamey ainsi que le renforcement des échanges entre les institutions diplomatiques des deux pays.
Cette visite, la première du chef de l’État nigérien hors de l’Afrique depuis son accession au pouvoir après le coup d’État de juillet 2023, intervient dans un contexte de rapprochement marqué entre Ankara et Niamey.
La sécurité au cœur du rapprochement
Depuis l’arrivée au pouvoir des autorités militaires nigériennes, la Turquie s’est imposée comme l’un des principaux partenaires extérieurs du Niger. Alors que les relations entre Niamey et plusieurs pays occidentaux se sont fortement dégradées à la suite du renversement du président Mohamed Bazoum, Ankara a maintenu ses liens avec les nouvelles autorités et poursuivi le développement de sa coopération avec le pays.
La dimension sécuritaire occupe une place importante dans ce partenariat. Le Niger a acquis ces dernières années plusieurs équipements militaires turcs, notamment des drones armés, des aéronefs légers et des véhicules blindés, dans le cadre du renforcement des capacités de ses forces armées. Les deux États ont également renforcé leur coopération militaire, notamment dans les domaines de la formation et de l’assistance technique.
À l’issue de leurs entretiens à Ankara, Abdourahamane Tiani a salué le soutien apporté par la Turquie au Niger dans la lutte contre l’insécurité, estimant que les équipements fournis par Ankara contribuaient au renforcement des capacités opérationnelles des forces nigériennes. Le chef de l’État nigérien a également qualifié son déplacement en Turquie de visite « symboliquement très importante », estimant qu’il reflétait le niveau atteint par la coopération entre les deux pays.
Le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre son accompagnement du Niger. Il a présenté le Niger comme un « pays ami et frère » et indiqué que les discussions avaient également porté sur la défense, l’énergie, les mines, l’agriculture, les investissements et le commerce.
Si les questions de sécurité occupent aujourd’hui une place importante dans les relations bilatérales, la présence turque au Niger est plus ancienne et s’étend à d’autres domaines. L’Hôpital d’amitié Turquie-Niger, construit à Niamey avec l’appui d’Ankara, constitue l’une des principales réalisations de cette coopération. La Turquie intervient également à travers l’Agence turque de coopération et de coordination (TIKA), notamment dans les domaines de l’irrigation, de l’élevage et des infrastructures. Dans le secteur de l’éducation, la Fondation Maarif gère douze établissements à Niamey, tandis que plusieurs centaines d’étudiants nigériens ont bénéficié de bourses pour poursuivre leurs études en Turquie, selon le président Erdogan.
Les accords signés jeudi traduisent ainsi la volonté des deux pays d’élargir leur partenariat à des domaines civils et économiques, dans le prolongement du rapprochement engagé ces dernières années.


